OTANTITINET INQUIETANT 

“T’en connais des Lituaniens?” Ceux que nous connaissons, et tous leurs voisins baltes, polonais, slovaques, roumains et autres peuples que leur taille et leur géographie a soumis aux mouvements brutaux de l’histoire européenne doivent vraiment mal dormir depuis vendredi soir. Encore plus mal qu’il y a 3 ans, au moment de l’invasion russe. 

  • Il y avait “l’ami américain”, l’OTAN, et la sécurité collective du continent garantie par la première grande puissance mondiale. Ce temps est de toute évidence révolu. Peut on faire confiance à un pays qui traite ses alliés comme des vassaux et exerce sur eux une pression de maffieux faisant payer sa protection, et s’irrite de leur résistance? Le traitement réservé au président ukrainien par le président Trump et son Vice-Président, JD Vance, devant les caméras du monde entier était de toute évidence un guet-apens préparé pour une démonstration de puissance.  
  • Cette révoltante séquence abondamment commentée sur l’ensemble des médias et réseaux sociaux, souligne la fin d’un monde. N’en doutons pas : le moment Trump correspond à une remise en cause terminale de l’ordre international, de l’ordre libéral et l’ordre épistémologique dans lesquels nous avions jusqu’ici vécu. 
  •  Un changement de régime annoncé déjà à la conférence de Munich par le discours de JD Vance (V. EIH 24.02.25). Et poursuivi par l’imposition unilatérale de droits de douane (cf. infra). Poursuivi donc dans cet échange brutal dans le bureau ovale dont le Grand Continent donne le texte intégral 
  • Mais aussi, sur d’autres terrains stratégiques, comme la cybersécurité, où les Etats-Unis désarment unilatéralement. 
  • Cette brutalisation de la diplomatie complique la planification stratégique et favorise les relations bilatérales au détriment des institutions internationales. Ces décisions prises publiquement laissent peu de place à des discussions calmes et réfléchies.  
  • Selon le professeur Juan Luis Manfredi, pour Agenda Publica, l’Ukraine, malgré des garanties insuffisantes, reste toutefois légitime grâce au soutien européen. On peut comprendre la situation ainsi : la nouvelle administration américaine privilégie une politique intérieure populiste ce qui a pour conséquence d’affaiblir les relations transatlantiques, malgré les tentatives côté Union de garder les apparences sauves. 
  • Professeur à l’Essec, Frédéric Charillon estime dans l’Opinion que “l’heure de l’Europe est venue”. La question est à 300 000 soldats supplémentaires et 250 milliards d’euros par an en plus dans la défense – à court terme – afin de dissuader toute agression russe, selon cette analyse 

Mais elle se pose en ces termes existentiels : voulons nous être acteurs ou spectateurs de notre destinée ?