Depuis 2022, l’Europe est divisée sur l’intégration de l’énergie nucléaire dans la taxonomie verte. La France a soutenu son inclusion, s’opposant à la position de Franz Timmermans, vice-président exécutif de la Commission européenne à l’époque, qui défendait la position allemande (cf. EIH 1/6/22). Cependant, dans un contexte géopolitique de plus en plus instable, où souveraineté et indépendance énergétiques sont des enjeux majeurs, le nucléaire retrouve des partisans – une alliance nucléaire s’est même constituée sous des auspices franco-tchèques et s’active (cf. EIH 22/5/23). Cette dynamique est d’autant plus marquée par la défiance croissante de l’Europe envers la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine et la volonté de ne plus dépendre de ce fournisseur historique de gaz.
- Dans le cadre de son Pacte pour une industrie propre, la Commission européenne a annoncé, le 26 février, d’ici juin 2025 “un nouveau cadre des aides d’État” analysé en détail par le site Contexte.
- Avec une simplification des règles prévue pour 2027 (cf. EIH 3/3/25), ces assouplissements des aides d’État pour soutenir la transition énergétique suivent quatre axes principaux :
- faciliter les investissements dans des installations de production d’électricité décarbonée, comme les énergies renouvelables (solaire, éolien, etc.) et l’hydrogène « vert », en offrant des subventions et des contrats à long terme ;
- soutenir les solutions de flexibilité pour l’électricité non fossile, telles que le stockage et les mécanismes de capacité, afin de garantir une gestion optimisée de l’énergie ;
- attribuer des aides à la décarbonation industrielle, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, avec un focus sur l’hydrogène, le CCSU, et les technologies permettant de rendre les processus industriels plus efficaces ;
- enfin, encourager la production d’équipements nécessaires à la transition, comme les panneaux solaires, les batteries ou les pompes à chaleur, en allouant des financements pour soutenir leur fabrication en Europe.
- Cependant, même si le nucléaire n’est plus un tabou à Bruxelles, son absence du cadre d’aides d’Etat interroge les observateurs (dont Contexte).
- En excluant cette source d’énergie décarbonée, la Commission semble garder le cap privilégier les solutions renouvelables.
- Elle omet toutefois un pilier stratégique pour de nombreux États membres, notamment la Pologne, l’Italie ou la France – qui envisage une désobéissance si le nucléaire n’est pas pris en compte dans les objectifs.
Les choix de la Commission, bien que renforçant la position des énergies renouvelables, risqueraient d’approfondir les divergences entre les États membres sur la meilleure voie à suivre pour une Europe réellement décarbonée.