AIG LE RETOUR 

Que faire avec les géants économiques ou financiers structurant notre économie lorsqu’ils sont en péril ? La question s’était posée au moment de la crise des subprimes à propos des banques européennes. “Too big to fail” autrement dit tellement importantes que leur faillite, même méritée, nous coûterait beaucoup trop cher. L’industrie automobile européen est dans un cas similaire. 

 

  • Le commissaire chargé du transport durable et du tourisme, Apostolos Tzitzikostas, a présenté le 5 mars 2025, un plan d’action visant à soutenir et renforcer l’industrie automobile. Ce plan est établi sur les cinq axes suivants : 
  • L’innovation et la numérisation : la Commission va initier une alliance européenne pour les véhicules connectés et autonomes pour harmoniser les efforts et standardiser les composants logiciels et matériels. 
  • La mobilité propre : bien que la commission garde les objectifs initiaux, elle annonce revoir les règles concernant les normes d’émission plus tôt que prévu. 
  • Elle prévoit aussi de stimuler la vente de véhicules électriques (avec par exemple le leasing social) et de décarboner les véhicules d’entreprise qui représentent 60 % des nouvelles immatriculations.  
  • Compétitivité et Résilience des chaînes d’Approvisionnement : création d’un fonds de soutien de 1,8 milliard pour instaurer une chaîne d’approvisionnement sûre et compétitive pour les matières premières des batteries. 
  • Compétences et Dimension Sociale : Un ajustement du Fonds Européen d’Adaptation à la Mondialisation (EGF) pour une aide plus rapide et élargie aux travailleurs menacés. 
  • Conditions Équitables et Environnement des Affaires : la Commission s’engage à « garantir des conditions de concurrence équitables » à travers des mesures anti-subventions et des accords de libre-échange en mentionnant l’alignement avec un partenaire privilégié comme l’Inde. 

 

  • Parmi les options de révision, certaines technologies comme les voitures hybrides rechargeables, ou l’hydrogène pourraient être prises en considération. 

 

  • Le problème de l’industrie automobile est que son poids économique et politique la rend peu souple.  
  • Quand ils ne trichent pas (cf. le dieselgate en 2015), les constructeurs résistent par l’inertie :  
  • ils eu ont un certain temps pour se conformer à cette mesure, mais beaucoup semblent avoir rechigné à trouver des solutions viables et équitables, alors que les autres investissaient dans l’électrique.  
  • Mais même « too big to fail », cela ne suffit pas à sortir de l’impasse à laquelle est confrontée l’industrie européenne, surclassée, principalement par les constructeurs automobiles chinois, qui peuvent mettre sur le marché des voitures électriques et des véhicules hybrides rechargeables souvent meilleurs et moins chers.   
  • Comme le souligne Eurointelligence, lorsqu’un secteur est trop grand pour faire faillite, “la solution n’est pas de le subventionner pour le préserver.  
  • Il s’agit plutôt de le diversifier”. La solution est d’abord politique.