FAIRE FRONT   

Le prochain sommet qui doit décider de l’avenir européen, ou non, de l’Ukraine, aura un impact énorme sur le moral de Kiev dans sa guerre contre l’invasion russe qui dure maintenant depuis presque 2 ans. Reléguée au second plan sur la scène internationale depuis l’attaque du 7 octobre 2023, et le retour de la guerre entre Israël et le Hamas au premier plan, la guerre en Ukraine est reste d’une actualité sanglante. A mesure que la guerre de mouvement se transforme en guerre de position, la fortune des armes semble abandonner Kiev au profit de son adversaire. 

  • L’unité nationale, s’effrite. Et si la popularité du président Zelensky reste très haute auprès des ukrainiens, elle a quand même diminué depuis février 2022. 
  • Sur le champ de bataille les choses semblent aussi se compliquer pour l’Ukraine. 
  • Après bientôt 2 ans de combats, la perspective d’une issue favorable à Kiev s’éloigne et les combats pourraient durer encore plusieurs années. Ce qui favorise Moscou. 
  • La Russie, qui avait été dans un premier temps surprise de la résistance ukrainienne se prépare justement à un conflit dans la durée. 
  • Le temps joue en faveur de V. Poutine, car il permet de se réarmer. 
  • Plus que jamais, le sort de l’Ukraine dépend en très grande partie du soutien matériel et moral qu’elle reçoit de ses alliés occidentaux.  
  • Mais, c’est là l’atout majeur du Kremlin : la lassitude et la volatilité des opinions occidentales, avec un jeu démocratique qui permet de compter sur le basculement des majorités. 
  • Côté Américain, la poursuite du soutien de Washington ne tient qu’à un fil et dépend fortement des résultats de l’élection présidentielle de la fin d’année 2024 et du renouvellement du Sénat. 
  • D. Trump, dont la victoire est une hypothèse sérieuse, a déjà annoncé que s’il était réélu à la Maison Blanche, il mettrait fin à l’aide apportée à l’Ukraine – et qu’il pourrait mettre fin à la guerre elle-même. 
  • Cependant,  le soutien américain est déjà en baisse. 
  • En Europe aussi le soutien semble diminuer, malgré les différents appels à maintenir l’aide à l’Ukraine. 
  • Dans cette analyse du Grand Continent le chercheur Frederick Kagan explique que si l’Occident ne maintient pas son aide, la Russie gagnera la guerre sans aucun doute, tandis qu’à l’inverse, en continuant de soutenir l’Ukraine, cette dernière a des chances de l’emporter. 
  • Dans sa chronique pour Le Monde, Sylvie Kauffmann va dans le même sens, soutenant que le rôle des Européens peut être fatal à l’Ukraine. 
  • Alors que le front européen est remis en cause par V. Orban (voir plus bas) et R. Fico, le Premier ministre bulgare, pays pourtant traditionnellement proche de la Russie, appelle également à continuer l’aide à l’Ukraine. 
  • Selon les observateurs, c’est plus encore que la seule frontière ukrainienne qui est en jeu : c’est l’avenir du continent européen. Une victoire russe entraînerait des conséquences pour l’Ukraine évidement – elle perdrait notamment une partie de son territoire – mais les conséquences seraient dramatiques pour l’avenir de l’Europe. 
  • Il rappelle aussi que la Russie est, depuis bien longtemps lancée, dans une guerre hybride contre l’Occident.  
  • Les efforts actuels de propagande russe se concentrent sur les pays du groupe de Visegrad, où les difficultés économiques sont mises sur le compte de la guerre en Ukraine.   
  • Comme un “entre-deux”, certains dirigeants occidentaux réclament un cessez-le-feu mais celui-ci ne pourrait être décidé que si les parties russe ou ukrainiennes le désirent. 
  • Il n’apparaît pas raisonnable de commencer à négocier pour l’Ukraine en ayant perdu une partie de son territoire étatique. 
  • La signature d’un traité de paix par V. Poutine n’engagerait pas grand-chose pour lui. Beaucoup considèrent qu’il ne respectera pas plus ce traité que les autres. 

Plus que jamais, le sort de l’Ukraine est entre les mains de ses alliés.