NEW DELHIRES

A New Delhi, dans le cadre du G20, le récit du ministre des affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, a déclenché l’hilarité de la salle en prétendant que la Russie ne fait que « se défendre dans un conflit qu’elle n’a pas voulu, où le peuple ukrainien est utilisé contre elle. » L’évolution du récit officiel sur la guerre en vigueur à Moscou, bien loin de sa blague viriliste des débuts, laisse deviner que le Kremlin doute peut-être désormais de sa capacité à réellement gagner ce conflit.

  • C’est ainsi qu’à l’arrière du front se multiplient les interrogations sur le temps de la négociation mais la nature du conflit se reflète dans les faux-semblants de la communication diplomatique entre Russie et Ukraine.
  • Dans sa chronique géopolitique sur France inter, Pierre Haski affirme que les deux parties déclarent vouloir négocier tout en faisant preuve d’un comportement opposé dans la pratique :
    • la Russie affirme qu’il n’y a « aucun compromis » à trouver pour les « nouvelles réalités territoriales » de l’Ukraine
    • le président Zelenskyi demande un soutien militaire supplémentaire pour récupérer les régions annexées de l’Ukraine.
  • Pierre Haski souligne aussi la dynamique similaire de la diplomatie chinoise. Xi Jinping se rendra bientôt à Moscou, pour cette 41ème visite avec Poutine depuis leur accession au pouvoir, ce qui indiquerait que les discussions autour de la stratégie de Moscou en Ukraine pourraient être évoquées.
    • Toutefois, le manque de substance des efforts diplomatiques de la Chine est mis en évidence par le fait que Xi Jinping n’a pas réussi à organiser une réunion ou un appel téléphonique avec le président ukrainien depuis le début de la guerre.
      • Selon P. Haski, la Chine subit des pressions pour démontrer sa volonté de s’engager dans des négociations diplomatiques sans avoir de plan pour étayer ces déclarations.
    • La principale cible de cette performance pourrait être l’Europe, que Pékin cherche désespérément à dissuader d’entrer dans la guerre froide qui oppose les États-Unis à la Chine.

 

  • Pendant ce temps, l’UE a adopté le 25 février 2023, son 10e paquet de sanctions qui contient de nouvelles cibles ainsi que des sanctions commerciales et financières, y compris de nouvelles interdictions d’exportation d’une valeur de plus de 11 milliards d’euros, privant l’économie russe de biens technologiques et industriels essentiels.
    • L’Union a également annoncé de nouvelles sanctions contre le groupe paramilitaire russe Wagner pour ses « violations des droits de l’Homme » en Afrique, en visant notamment son chef au Mali et plusieurs de ses hauts responsables en République centrafricaine.
    • L’ajout du groupe Wagner et de son activité en Afrique comme cible de cette nouvelle série de sanctions est révélateur de la compréhension par l’UE de la menace stratégique que peut représenter la perte de soutien dans les pays actuellement non affiliés et qui sont enclins à la désinformation russe sur le conflit.