QATARSIS

Cette semaine, si l’actualité européenne a tourné autour du Qatar, ce n’est pas seulement dans le cadre sportif d’une Coupe du monde hautement controversée pour des soupçons de corruption au moment de son attribution en 2010 (voir cet article de Libération) et fortement critiquée pour son désastreux coût humain, social et environnemental, dans une résolution du Parlement européen, en novembre dernier.

  • Le choc et l’émotion dans les institutions européennes dépassent la seule famille politique concernée – où des voix s’élèvent déjà pour demander des comptes.
    • Ce que souligne cette affaire, dans toute la simplicité maladroite du procédé (cash contre influence) :
      • C’est d’une part la faillibilité de celles et ceux qui sont en charge du bien commun (un rapport du Parlement européen en début d’année avait épinglé de nombreuses personnalités sous influence étrangère, dont certains anciens premiers ministres français ou allemands).
      • Et d’autre part, l’intense activité de lobbying déployée par le Qatar. Même si cela va bien au-delà de l’Europe, comme le souligne cet article d’un quotidien libanais.
  • Un tel scandale entraînera probablement des conséquences terribles pour la réputation de l’Union dans sa globalité, même s’il ne s’agit que d’illégalités de quelques-uns.
    • Au-delà de la réputation, le problème qui se pose, sont les effets sur la crédibilité de l’Union et du Parlement en particulier en matière de lutte en faveur de l’Etat de droit.
    • Comment rester crédible, après ce scandale, au moment d’invoquer le non-versement des fonds UE à la Hongrie au nom d’une vision exigeante de l’Etat de droit ?
      • Il y a fort à parier que les régimes eurosceptiques invoqueront sans ménagement cette grossière erreur commise au plus haut niveau des institutions européennes.