MUPPET PASTOR

Mark Galleotti, expert britannique de la Russie, s’est entretenu avec Balkan Insight sur ce qu’il pense être le prochain point faible européen potentiel que la Russie pourrait tenter de cibler dans sa stratégie géopolitique actuelle : les Balkans occidentaux.

  • Il affirme que la gestion européenne des Balkans occidentaux, depuis le sommet de Thessalonique en Grèce en 2003, a été faible et que l’incapacité à aller de l’avant avec les promesses d’intégration potentielle à l’UE des pays des Balkans occidentaux a laissé ces pays ouverts à l’influence russe.
  • Il souligne en particulier la nature insuffisante du soutien européen au processus de réforme des Balkans occidentaux, qui ne s’est pas étendu au-delà de la fourniture de fonds de l’UE et a entrainé l’émergence de de démocraties d’apparence, aux équilibres précaires.
    • Le Kremlin joue sur ce mécontentement dans les Balkans occidentaux et sur leurs propres conflits internes pour enrôler de nouveaux alliés potentiels dans sa lutte contre l’Europe.
      • On peut dire que l’encouragement de ce qu’on appelle la stabilocratie se retourne contre la construction européenne.
      • Les citoyens favorables à l’Etat de droit quittent ces pays : jamais il n’a pu être possible de conclure que ces populations seraient favorables aux autocraties que les autres.

  • M. Galleotti souligne deux tendances distinctes dans la prise de décision politique dans les Balkans occidentaux :
    • le Kosovo maintient son alignement occidental  dans l’espoir d’intégrer l’UE ;
    • et la Serbie capitalise au contraire sur son statut intermédiaire entre la Russie et l’UE.
      • Le président A. Vucic tente de maintenir les faveurs des deux parties, comme a toujours pu faire la diplomatie serbe, prise en étau entre les empires sur le continent.
      • Le Kosovo en revanche a tout à inventer du fait du caractère récent de son existence étatique. Il mise donc sur des liens avec les États-Unis et l’OTAN, ce qui favorise le rapprochement vers l’Union européenne.

  • L’appréhension de la situation dans les Balkans occidentaux apparaît donc comme une stratégie intenable.
    • Cette complaisance de la part de l’UE se retourner contre elle.
    • Cela sera pire si la Russie redouble d’efforts pour affirmer son influence dans la région.
    • Reste à savoir quelle est la position du commissaire hongrois à l’élargissement, O. Várhelyi, à ce sujet.