FIFTY SHADES OF BLAME

Les divisions jusqu’ici chroniques de l’UE semblent elles aussi balayées par l’urgence. Ainsi, dès l’annonce du lancement de l’offensive russe en Ukraine, jeudi 24 février, Bruxelles a vu s’enchaîner les réunions entre l’OTAN et les institutions européennes. Une dynamique d’unité de la part des Européens, mais également des Occidentaux dans son ensemble, qui n’ont pas hésité à réagir de concert.

  • Le vendredi 25 février, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a annoncé des sanctions à l’encontre de V. Poutine et de son ministre des Affaires étrangères, S. Lavrov.

o  Après le président syrien B. al-Assad et le président biélorusse, A. Loukachenko, en plus de la liste des personnalités précédemment désignées, les sanctions de l’Union prévoient un gel des avoirs, ainsi qu’une interdiction d’entrer sur le territoire européen.

  • Le Royaume-Uni a suivi l’UE dans l’élaboration des sanctions.

o   De plus, a été précisée l’interdiction d’exporter vers la Russie des avions, pièces de l’industrie aéronautique et spatiale, technologies de raffinage pour l’industrie pétrolière, tout comme l’interdiction pour les banques de l’UE d’accepter des dépôts de citoyens russes de plus de 100 000 euros.

  • Nous vivons un moment fondateur pour l’UE estime, dans  Geoeconomics, Shahin Vallée alors qu’il évalue les différentes sanctions à l’égard de la Russie, leurs efficacités et leurs effets potentiels.

o   L’exclusion de la Russie du système SWIFT, et donc du système financier international, est inutile si celle-ci n’est pas complète.

  • Il ne semble pas possible de couper la Russie du système de paiement international si l’Europe n’est pas prête à la couper des chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment énergétiques.

o   La réponse politique plus forte du gel des actifs de la banque centrale russe constitue une rupture majeure dans l’ordre monétaire international depuis Bretton Woods.

  • Cependant, cette décision pourrait constituer un défaut financier sans précédent avec des conséquences néfastes à long terme pour le système financier mondial.

o   Si la décision européenne d’armer l’Ukraine et l’Union est un changement important également, l’article précise que l’UE doit s’occuper de manière urgente de sa dépendance aux importations de pétroles et de gaz de la Russie, pour peser pleinement.

  • Dans un tweet, Robin Brooks estime que les importations européennes de gaz russe viennent aider V. Poutine à gagner la guerre. Il est donc urgent et nécessaire de réduire celles-ci, dès aujourd’hui, selon lui.
  • Une analyse du think tank bruxellois Bruegel précise également que l’Europe doit définir et adopter une stratégie énergétique globale, à l’échelle de l’UE, pour éviter que les sanctions actuelles aient des répercussions sur les citoyens et les entreprises sur le long terme.

o   Une première également, la Suisse, pays historiquement neutre, a décidé de s’aligner sur les sanctions européennes à l’encontre de la Russie.

  • Le ministre des Affaires étrangères a déclaré, lundi 28 février, que l’agression russe était une attaque allant à l’encontre de la démocratie, et était moralement et politiquement inacceptable.
  • Cela fait écho à la déclaration de Josep Borrell, qui avait appelé la Suisse à ne pas rester inactive, et à se tenir « du bon côté de l’Histoire », comme l’indique Le Temps.
  • Toutefois, si la présidente de la Commission européenne a annoncé la fourniture à l’Ukraine d’avions de combat, il convient de préciser que :
    • l’Union européenne n’en possède pas ;
    • seules la Bulgarie, la Pologne et la Slovaquie possèdent environ 80 aéronefs du même modèle que ceux utilisés par les pilotes ukrainiens ;
    • le prêt de ces aéronefs, selon les experts, affaiblirait la défense ukrainienne.
    • En raison de l’urgence de la situation, les seuls appareils pouvant convenir sont ceux sur lesquels les pilotes ukrainiens sont qualifiés, ce qui réduit la liste aux seuls MiG-29 « Fulcrum » et Su-25 « Frogfoot », des appareils de fabrication russe.
  • Dans les faits, les événements prennent un tout autre tournant.
    • « Aucun engagement n’a été pris pour les avions de combat bulgare. Nous en avons actuellement peu et ils ne peuvent pas être livrés à un autre pays », explique Kiril Petkov, le Premier ministre bulgare.
    • La Pologne n’a pas encore confirmé ; elle aurait a priori  besoin de ses MiG-29.
      • Elle peut toutefois compter sur l’appui de ses alliés de l’Otan.
      • La France y envoie une patrouille de Rafale F3R tous les jours…
      • L’Allemagne a décidé d’en faire autant avec des Eurofighter EF-2000.