WALKYRIE

La crise ukrainienne continue d’ébranler le pays où la dépendance au gaz russe est plus que jamais un problème politique : l’Allemagne.

  • Pour la première fois depuis longtemps, le pays fait l’objet de critiques dans l’Union, le ministre de la défense de Lettonie en particulier dénonce l’attitude « immorale et hypocrite » de l’Allemagne dans sa position vis-à-vis du gazoduc.
  • Dans plusieurs entretiens pour Carnegie Europe, Judy Dempsey interroge sur la possibilité que l’Allemagne nuise à la position de l’Europe dans le dossier ukrainien.

o   Selon Daniel Baer, diplomate américain, l’un des périls d’un nouveau gouvernement de coalition comme en Allemagne est de ne pas parvenir à harmoniser les politiques intérieures et extérieures.

  • L’économiste polonais, Krzysztof Bledowski, dénonce le silence de l’Allemagne face à la situation en Ukraine. Pour lui, il est nécessaire d’augmenter le renforcement militaire européen, l’aide indirecte à l’Ukraine ainsi que les sanctions à l’encontre de la Russie. Dans le cas présent, celui-ci s’inquiète que l’attitude allemande puisse diviser l’Europe et la séparer des États-Unis.
  • Enfin, selon la politologue norvégienne Kate Hansen Bundt, Berlin est vulnérable face à la Russie outre le gaz et les exportations, à cause : de l’image positivement pro Russe d’une partie importante de la population allemande, d’une faible capacité de défense nationale, et d’une opinion pacifiste forte.
  • Selon Médiapart, le projet de gazoduc Nord Stream 2 est en plein cœur des contradictions de la diplomatie allemande.
    • Le soft power économique et commercial de l’Allemagne ne répond plus au dialogue mondial actuel avec les tensions géopolitiques que connaît l’Europe en son sein.
  • Dans un article du Monde Diplomatique, le sociologue allemand plutôt eurocritique, Wolfgang Streeck, revient sur les années qu’il appelle « l’âge d’or » de l’Allemagne sous les mandats successifs de Merkel.
    • Il rappelle notamment que le pays a longtemps été une puissance centrale et moteur de l’Union européenne, cet “empire dont elle ne veut pas”.
    • Selon lui, Berlin a pu intervenir dans certaines affaires intérieures des États périphériques : soit de manière indirecte (par le biais de politiques économiques au sein de l’UEM ou du marché) ; soit de manière directe (par la pression financière européenne afin de « choisir » certains gouvernements, à l’instar de la Grèce ou de l’Italie).
    • Dans un contexte de profonde divergence entre les préférences stratégiques de Paris et les réticences prudentes de Berlin, W. Streeck plaide pour “une intégration assouplie”.