WINTER IS NOT COMING 

Alors que les températures redeviennent plus supportables pour l’organisme et la nature, que les premières pluies et le prochain équinoxe annoncent déjà l’entrée dans l’automne, il est tentant d’oublier cet été infernal – ou d’en réduire les enjeux à quelques polémiques indignes.  

 

  • Pendant ces mois caniculaires de mai à août 2026, l’Europe a été la proie des flammes.  
  • Plus de 1 000 feux et mégafeux ont brûlé environ 540 000 hectares dans l’UE entre mi-juin et début septembre 
  • soit plus du double de la moyenne des vingt dernières années – et l’équivalent en surface de deux départements français moyens. 

 

  • L’Espagne et la France ont concentré plusieurs des sinistres les plus importants : 
  • plus de 42 000 hectares à Ávila, 44 000 à Huelva et environ 37 000 en Gironde, où le feu a constitué le plus grave incendie français depuis 1949, rappelle La Tribune 
  • Des milliers de personnes ont été évacuées, des habitations et des infrastructures détruites, et les pertes économiques dépasseraient trois milliards d’euros, selon le FT 
  • Les incendies ont également entraîné d’importantes émissions de carbone : 
  • en France, elles ont atteint fin juillet leur plus haut niveau depuis vingt-quatre ans  
  • mais des régions habituellement moins exposées, comme la Belgique et l’Écosse, ont également connu des incendies majeurs.  
  • Ces incendies s’inscrivent dans un contexte de canicules répétées, sécheresse et réchauffement climatique, ayant également provoqué plus de 30 000 décès excédentaires. 
  • Le changement climatique entraîne des coûts croissants : catastrophes naturelles, destruction d’infrastructures, pertes agricoles, dépenses de santé, baisse de productivité et investissements massifs d’adaptation.  
  • Ces charges, encore insuffisamment intégrées dans les projections budgétaires, pourraient aggraver les déficits et limiter la capacité des États à financer d’autres politiques publiques.  
  • L’enjeu est donc double : réduire rapidement les émissions pour contenir les coûts futurs, mais aussi investir dès maintenant dans l’adaptation et la résilience.  

L’inaction climatique ne constitue pas une économie : elle transforme progressivement le risque climatique en risque budgétaire majeur. Une donnée que l’on connaît depuis 2006 et le rapport Stern.  Qui aurait pu prévoir ?