Malgré la disproportion des forces en présence, Moscou ne parvient toujours pas à soumettre l’Ukraine. Après bientôt 5 années d’un conflit usant, désormais plus long que les grandes guerres mondiales du siècle dernier, l’affrontement stratégique s’est peu à peu déplacé dans les airs et sur les infrastructures non plus seulement ukrainiennes mais aussi russes.
- Dans une interview au Guardian, le conseiller de V. Zelensky, Serhii Beskrestnov, estime que la guerre est entrée dans une impasse dangereuse : aucune des deux parties ne peut obtenir une victoire décisive.
- L’intensification des frappes à longue portée menace toujours davantage les civils et les infrastructures.
- Il redoute particulièrement l’hiver, avec le risque d’attaques russes massives contre le réseau énergétique ukrainien. Il recommande même d’envisager l’évacuation des personnes âgées de Kiev.
- Une guerre d’usure asymétrique, selon Le Monde, qui note que la Russie reste militairement dominante dans les airs mais apparaît plus vulnérable.
- L’Ukraine multiplie les drones à longue portée, frappant raffineries, infrastructures et sites industriels russes, perturbant notamment l’approvisionnement en carburant.
- Toutefois, Moscou conserve une supériorité écrasante en volumes de drones, missiles de croisière et surtout missiles balistiques, que Kiev peine à intercepter.
- La guerre aérienne est ainsi devenue une guerre d’usure : chaque camp cherche à dégrader l’économie, les capacités militaires et le moral de l’autre.
- Malgré ses innovations technologiques, l’Ukraine souffre d’un déficit quantitatif et d’un manque de défense antiaérienne.
- La Russie, elle, doit désormais supporter les conséquences croissantes des frappes ukrainiennes sur son territoire.
- Selon le président russe lui-même, les frappes ukrainiennes menées pendant 40 jours contre les infrastructures énergétiques russes auraient causé des dégâts équivalant à environ 1 % du PIB russe.
- Moscou minimise toutefois leur impact macroéconomique, tandis que Kiev cherche à affaiblir les capacités énergétiques et industrielles russes.
- Une note attribuée à la Sberbank, grande banque russe, envisage huit scénarios, classés du plus favorable au plus défavorable pour Moscou – Le Grand Continent en livre une traduction utile.
- Selon cette note, le scénario le plus probable (32 %) reste un “Trump Deal” : gel du front, levée partielle des sanctions et non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.
- Viendrait ensuite un gel informel à la coréenne (22 %), sans accord de paix.
- Une guerre prolongée est estimée à 15 %, tandis que l’épuisement occidental conduisant à une paix favorable à Moscou atteint 12 %.
- Une victoire militaire russe décisive n’est évaluée qu’à 7%.
- Une paix de compromis n’aurait que 5 % de chances, une victoire ukrainienne 2 %.
- Enfin, 5 % sont réservés aux “jokers” : escalade nucléaire, crise iranienne, effondrement politique ou percée technologique.
La conclusion est nette : Moscou dispose d’une fenêtre de négociation jusqu’à l’automne 2026, mais le temps pourrait progressivement jouer contre elle.