La clé de la résistance ukrainienne depuis 5 ans maintenant n’est pas seulement dans le sacrifice héroïque de ses citoyens, et la qualité de son organisation militaire et stratégique – il est aussi dans la résilience de ses soutiens. C’est même peut être là que réside la principale vulnérabilité, matérielle et morale, pour Kiev.
- Alors que s’ouvre pour de bon la campagne présidentielle française, le soutien à l’Ukraine s’est posé comme un clivage, sinon un enjeu dans les débats.
- La concurrente la mieux placée à l’heure actuelle, Marine Le Pen, défend depuis longtemps une position très favorable à V. Poutine et propose même de “couper le robinet à l’Ukraine” en cas de victoire.
- En Pologne, pays qui a reçu le plus grand flux de réfugiés dès 2022, l’opinion est voie de se retourner, explique The Guardian.
- Malgré l’hostilité générale à une Russie historiquement vécue comme un danger existentiel, on constate un retournement de l’opinion polonaise envers les Ukrainiens :
- après l’élan de solidarité de 2022, 52 % des Polonais s’opposent désormais à l’accueil de réfugiés ukrainiens.
- Fatigue, concurrence économique, surtout agricole (ES 2/6/25), vieux contentieux historiques et propagande russe nourrissent tensions et violences.
- Surtout, il semble que Varsovie ait mal anticipé l’émancipation des Ukrainiens : de réfugiés dépendants, ils sont devenus une communauté intégrée, économiquement active et politiquement autonome.
- Cette évolution exige de repenser la relation polono-ukrainienne, désormais fondée sur l’égalité plutôt que la compassion.
- En outre, la pression militaire et politique russe s’intensifie sur les pays de l’OTAN.
- Comme le fait remarquer le site eurointelligence.com (28/8), “il n’y a rien de routinier dans le fait qu’un directeur de la CIA se rende en Russie”, en faisant référence à la visite de J. Ratcliff à Moscou, fin août, apparemment pour prévenir d’éventuelles attaques sur un pays de l’OTAN. dans l’intérêt de la Russie d’ouvrir un deuxième front.
- Il est assez plausible qu’elle cherche à tester la cohésion de l’OTAN en poursuivant la guerre hybride.
- Toutefois, une invasion formelle d’un territoire de l’OTAN serait une aventure irresponsable.
- Plutôt qu’une invasion hasardeuse, et dangereuse pour Moscou, le danger le plus important, pourrait bien, selon certains observateurs, être celui d’une escalade provoquée par les désaccords entre la Russie et les pays de l’OTAN, sur ce qui constitue un soutien européen légitime à l’Ukraine.
- L’utilisation de drones britanniques pour mener des attaques ukrainiennes à l’intérieur du territoire russe relève de la zone grise qui sépare le soutien d’une participation directe au conflit.
- Il semble surtout que le principal problème pour la Russie soit la décision du nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, de fournir à l’Ukraine des informations classifiées qui lui permettraient de fabriquer des missiles de croisière Storm Shadow franco-britanniques.
- Mais il se pourrait aussi que ce genre de décision, capable de changer la donne stratégique en faveur de Kiev, prépare aussi le terrain pour une négociation plus sérieuse en vue d’une sortie du conflit.