A L’OUEST RIEN DE NOUVEAU 

La clé de la résistance ukrainienne depuis 5 ans maintenant n’est pas seulement dans le sacrifice héroïque de ses citoyens, et la qualité de son organisation militaire et stratégique – il est aussi dans la résilience de ses soutiens. C’est même peut être là que réside la principale vulnérabilité, matérielle et morale, pour Kiev.  

 

  • Alors que s’ouvre pour de bon la campagne présidentielle française, le soutien à l’Ukraine s’est posé comme un clivage, sinon un enjeu dans les débats. 
  • La concurrente la mieux placée à  l’heure actuelle, Marine Le Pen, défend depuis longtemps une position très favorable à V. Poutine et propose même de “couper le robinet à l’Ukraine” en cas de victoire.  
  • Malgré l’hostilité générale à une Russie historiquement vécue comme un danger existentiel, on constate un retournement de l’opinion polonaise envers les Ukrainiens :  
  • après l’élan de solidarité de 2022, 52 % des Polonais s’opposent désormais à l’accueil de réfugiés ukrainiens.  
  • Surtout, il semble que Varsovie ait mal anticipé l’émancipation des Ukrainiens : de réfugiés dépendants, ils sont devenus une communauté intégrée, économiquement active et politiquement autonome.  
  • Cette évolution exige de repenser la relation polono-ukrainienne, désormais fondée sur l’égalité plutôt que la compassion.  
  • En outre, la pression militaire et politique russe s’intensifie sur les pays de l’OTAN. 
  • Il est assez plausible qu’elle cherche à tester la cohésion de l’OTAN en poursuivant la guerre hybride.  
  • Toutefois, une invasion formelle d’un territoire de l’OTAN serait une aventure irresponsable. 
  • Plutôt qu’une invasion hasardeuse, et dangereuse pour Moscou, le danger le plus important, pourrait bien, selon certains observateurs, être celui d’une escalade provoquée par les désaccords entre la Russie et les pays de l’OTAN, sur ce qui constitue un soutien européen légitime à l’Ukraine.  
  • Mais il se pourrait aussi que ce genre de décision, capable de changer la donne stratégique en faveur de Kiev, prépare aussi le terrain pour une négociation plus sérieuse en vue d’une sortie du conflit.