L’escalade de la guerre hybride menée par la Russie sur des cibles au sein de l’UE a pris un tour plus dramatique ces dernières semaines, en Allemagne. Le gouvernement fédéral allemand a attribué le 1er septembre 2026 , lors d’une conférence de presse, la responsabilité de l’attentat au drone piégé de l’aéroport de Leipzig, déjoué le 4 août dernier, à la Russie. Le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a déclaré : « Nous ne sommes pas en guerre, mais nous sommes la cible quotidienne de méthodes de guerre hybride. »
- L’attentat déjoué de Leipzig n’est que le dernier d’une série d’opérations de sabotage et de déstabilisation commanditées par la Russie ces dernières années (ES 11/11/21, et 6/10/25).
- Le 9 mai 2024, un grave incendie se déclare dans un magasin Ikea à Vilnius dont le coupable s’avère être un jeune Ukrainien, recruté sur Internet par des services proches du Kremlin lui promettant 10 000€ et une voiture pour cette opération de sabotage.
- Plus récemment, la Pologne a été victime le 29 décembre 2025 d’une cyber-attaque majeure contre son réseau électrique, dont seule l’intervention in extremis des opérateurs de la centrale a permis d’éviter un immense blackout.
- Cette intensification graduelle des actes de sabotage russe est analysée par Pekka Toveri, eurodéputé finlandais conservateur, ancien patron des services de renseignement militaire de son pays, comme « la stratégie de la grenouille bouillie », en ajoutant « La Russie serre la vis lentement. Elle pense qu’elle peut nous habituer à accepter des attaques de plus en plus dures. Si aujourd’hui on ne réagit vraiment pas aux tentatives d’attentat à Leipzig, réagira-t-on la prochaine fois si cela cause des morts ? ».
- Ces attaques sont d’autant plus difficiles à anticiper et à mitiger, que la Russie utilise de plus en plus des agents dits « jetables » recrutées via Internet, notamment via des messageries comme Telegram.
- Ce sont le plus souvent des individus précaires isolés, d’origine russe ou russophone, qui acceptent de participer à des opérations de sabotage dont ils ignorent le motif et le commanditaire, en échange de sommes souvent dérisoires.
- L’une des mesures de rétorsion envisagées est la réduction drastique de l’octroi de visas touristiques aux ressortissants russes.
- C’est notamment ce que préconise le ministre lituanien des Affaires étrangères, Kęstutis Budrys, alors que 477 000 visas touristiques ont été accordés l’année dernière à des ressortissants russes dans l’UE.
- Reste que pour le moment les grands pourvoyeurs de visas touristiques aux russes, à savoir la France, l’Italie et la Grèce sont opposés à ces restrictions.