La canicule n’est pas seulement une épreuve pour les corps. La sévère sécheresse qui frappe l’Europe met à nu une fragilité jusqu’ici négligée : ses usages de la ressource hydrique. Un rapport du Centre de recherche de la Commission (JRC) de juillet 2026 constate une aggravation de la sécheresse en Europe centrale et orientale, désormais largement étendue à la France.
- Le déficit de précipitations, combiné à des températures exceptionnellement élevées et aux vagues de chaleur, entraîne une baisse de l’humidité des sols et des débits fluviaux, affectant cultures et végétation.
- Les conséquences touchent l’agriculture, l’énergie (hydroélectricité et nucléaire), l’approvisionnement en eau, les écosystèmes et la santé, avec environ 10 000 décès supplémentaires déjà estimés.
- Les conséquences se font aussi sentir au-delà de l’Union et pour l’Ukraine en guerre, pour qui le Danube représente une route alternative importante d’export.
- Pour rappel, depuis 2022, des corridors de solidarité permettent à l’Ukraine, dont l’agriculture représente plus de la moitié des exportations du pays, de vendre ses produits à l’UE et de maintenir ainsi son économie à flot.
- La sécheresse complique davantage ces exportations, indique Euractiv.
- Sur la première quinzaine de ce mois d’août, plusieurs sources constatent que seuls 30 % du volume minimum nécessaire au fonctionnement normal du secteur céréalier ukrainien ont pu passer.
- Outre la sécheresse, et la situation géopolitique, l’agriculture européenne pourrait donc se retrouver aussi à nouveau avec un “problème ukrainien”.
- Une partie des produits concernés représentent des produits dits « sensibles », soit des produits qui, s’ils sont acheminés en trop grand nombres depuis l’extérieur de l’Union, représenteraient une difficulté pour le marché intérieur.
- Sur le sujet des quotas d’exportation de l’Ukraine vers l’UE, une résistance était déjà prononcée par la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie, pays limitrophes où les agriculteurs estiment que les importations ukrainiennes sont directement responsables de la baisse des prix locaux des céréales.
A l’heure où l’UE continue de nourrir ses ambitions de souveraineté interne et de prospérité économique dont nous parlions dernièrement (ES 13/7/26), difficile de préserver sa cohérence, tout en restant fidèle à sa solidarité avec l’Ukraine.