LE DAHUT 

Si avec la désillusion du Brexit, la question de la réadhésion se pose un peu au Royaume-Uni, elle revient surtout pour les Européens. L’idée d’un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne refait débat, portée par le recul du soutien populaire à la sortie. Toutefois, les Vingt-Sept ne sont pas pressés d’ouvrir cette perspective. Ils se disent ouverts à une réadhésion, mais uniquement si Londres accepte les règles communes sans les exemptions obtenues autrefois.  

  • L’UE doute évidemment de la volonté britannique d’assumer les contraintes liées à l’appartenance européenne.  
  • Pour l’heure, les gouvernements privilégient un rapprochement pragmatique plutôt qu’un retour institutionnel, tandis que le débat reste très sensible au Royaume-Uni.  
  • Un éditorial du Monde rappelle que le « fiasco » du Brexit et ses conséquences néfastes plaident pour reconstruire une relation pragmatique entre UE et RU, fondée sur une coopération étroite face aux défis géopolitiques actuels.  
  • Un rapprochement pour le moment fort prudent, marqué par une volonté de coopération accrue sans remettre en cause la sortie de l’UE.  
  • Les deux parties cherchent à réduire les tensions autour du commerce, de la sécurité et de la mobilité, tout en préservant leurs lignes rouges.  
  • Ce réchauffement répond aux difficultés économiques britanniques et à un contexte géopolitique instable, qui rendent nécessaire une relation plus étroite (ES 30/6/25).  
  • Comme le rappelle le Guardian, pour le nouveau PM, Andy Burnham, malgré les regrets croissants liés au Brexit, un retour dans l’Union européenne reste exclu à court terme. 

 

  • Au fond, le Brexit reste un miroir pour l’UE de ses ambitions et de ses ratés.  
  • Comme le résume en filigrane l’ancien ministre des Affaires européennes français Clément Beaune, dans une tribune, qui appelle l’Europe à un sursaut.  
  • Estimant que la sortie du Royaume-Uni révèle les mensonges des promesses populistes, notamment sur la souveraineté, l’immigration et la prospérité, selon lui, le Brexit a montré qu’un État peut gagner en autonomie mais perdre en influence.  
  • Il souligne aussi le regain d’attachement des Européens à l’UE et invite à réformer l’Union de l’intérieur plutôt qu’à la quitter.  

 

  • Finalement, l’UE et le RU ont beaucoup à gagner à rétablir un partenariat – en particulier sous la forme d’une coopération franco-britannique renforcée : dans un plaidoyer pour l’Express, des chercheurs appellent à renforcer le couple franco-britannique pour répondre aux défis européens.  
  • Ils plaident pour dépasser les tensions liées à la sortie de l’UE et relancer une coopération stratégique sur la défense, l’industrie, l’énergie, la recherche et l’innovation.  
  • Débarrassé des querelles institutionnelles liées à l’intégration européenne, le partenariat entre les seules vraies puissances militaires de l’UE pourrait renforcer la défense européenne et le poids géopolitique de l’UE. 

 

  • Londres et Bruxelles cherchent des accords sur l’agroalimentaire, l’énergie, la mobilité des jeunes et la coopération stratégique.  
  • L’objectif est de réduire les barrières sans revenir au marché unique ni à la libre circulation.  
  • Cette nouvelle phase illustre un rapprochement pragmatique face aux défis communs, notamment la sécurité européenne et la compétitivité, tout en maintenant les fameuses lignes rouges britanniques sur la souveraineté. 

Le Brexit, les bévues incompétentes des conservateurs et les diatribes populistes de Farage n’auront pas changé la donne géopolitique européenne : l’UE et le Royaume-Uni ont besoin l’un de l’autre.