Face au durcissement européen, Pékin rejette catégoriquement les accusations.
- En ce qui concerne les surcapacités industrielles.
- Les autorités chinoises estiment que les difficultés économiques de l’Union européenne trouvent avant tout leur origine dans ses propres faiblesses structurelles.
- Le Premier ministre Li Qiang a notamment tourné en dérision les accusations portant sur les subventions publiques et dénoncé le concept de « second choc chinois », qu’il considère comme le reflet des inquiétudes européennes face au recul de leur compétitivité.
- La Chine refuse également de reconnaître officiellement que son appareil industriel produit davantage que ne peut absorber son marché intérieur, même si ce déséquilibre est largement reconnu par les économistes.
- Son modèle de croissance, fortement orienté vers la production industrielle plutôt que vers la consommation des ménages, est aujourd’hui confronté à un ralentissement de la demande intérieure.
- Les entreprises chinoises, soumises à une concurrence intense sur leur marché domestique, se tournent donc massivement vers l’exportation, où elles dégagent des marges plus importantes.
- Les exportations de véhicules chinois devraient ainsi atteindre entre 10 et 12 millions d’unités en 2026, un niveau inédit.
- Malgré cette montée des tensions, ni Bruxelles ni Pékin ne souhaitent entrer dans une véritable guerre commerciale.
- Les deux parties restent fortement interdépendantes : le marché européen est devenu essentiel pour les exportations chinoises de produits à haute valeur ajoutée, tandis que de nombreuses entreprises européennes continuent de dépendre du marché chinois pour leur croissance.
- Dans ce contexte, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, ont lancé une nouvelle série de consultations destinées à stabiliser la relation bilatérale et à la rendre plus équilibrée.
- Les deux parties se sont donné jusqu’au mois d’octobre pour obtenir des résultats concrets.
- Quatre groupes de travail ont été créés afin de traiter les principaux différends : l’équilibre des échanges commerciaux et des investissements, les contrôles à l’exportation, la protection de la propriété intellectuelle et la réforme de l’OMC.
- Bruxelles insiste toutefois sur la nécessité d’obtenir des avancées tangibles, estimant que la progression continue du déficit commercial avec la Chine n’est plus soutenable.
- En parallèle des négociations, la Commission européenne prépare plusieurs instruments destinés à renforcer sa politique industrielle.
- Parmi les pistes envisagées figurent des mesures pour limiter l’entrée sur le marché européen de produits issus des surcapacités industrielles chinoises :
- un renforcement des règles applicables aux marchés publics, un contrôle accru des investissements étrangers dans des secteurs sensibles ainsi qu’une révision de la législation sur la cybersécurité qui pourrait exclure certaines entreprises chinoises.
- C’est le cas notamment de Huawei, des infrastructures européennes de télécommunications et de certains projets liés aux énergies renouvelables.
- Pékin aborde néanmoins ces discussions avec une confiance accrue.
- Les autorités chinoises estiment avoir démontré leur capacité à résister aux pressions commerciales américaines, notamment grâce à leur maîtrise des terres rares.
- Elles considèrent également que les progrès technologiques récents, illustrés par l’essor de DeepSeek, ainsi que la résilience de leur économie face aux chocs internationaux renforcent leur position dans les négociations avec l’Europe.
Dans ce contexte, chacune des deux puissances cherche à défendre ses intérêts stratégiques tout en évitant une escalade commerciale dont les conséquences économiques seraient coûteuses pour les deux partenaires.