En troquant la dépendance au gaz russe contre une dépendance au GNL principalement états-unien, l’UE n’a toujours pas résolu son addiction énergétique – elle a juste changé de dealer.
- Parmi les sujets brûlants pour la présidence irlandaise se trouve l’assouplissement du « règlement méthane » : il s’agit de repousser certaines sanctions, de prévoir des périodes de transition et d’introduire des mécanismes de flexibilité pour les importateurs de gaz et de pétrole.
- Sous la pression de ses fournisseurs, états-unien en tête, la Commission européenne prévoit d’introduire une exemption de trois ans sur les sanctions applicables aux entreprises pétrolières et gazières enfreignant le règlement sur le méthane.
- Ce règlement cherchait à prévenir les fuites de méthane, gaz particulièrement nocif pour sa contribution au réchauffement climatique, trop systématiques lors de l’extraction fossile.
- Cette mesure d’exemption concernerait donc la période 2027-2029, lorsque les obligations de contrôle et de réduction des émissions entreront pleinement en vigueur.
- Elle répond aux préoccupations sur la sécurité énergétique dans un contexte de tensions géopolitiques et de perturbations de l’approvisionnement, tout en faisant face à des pressions des États-Unis et de l’industrie.
- Ainsi, l’Allemagne a rejoint les États membres critiques du règlement européen sur les émissions de méthane dans le secteur de l’énergie.
- Berlin, par la voix de sa ministre de l’Énergie Katherina Reiche, demande un report ou une suspension du texte, estimant qu’il pourrait compliquer les importations de GNL et de pétrole et fragiliser la sécurité énergétique européenne.
- Sans soutenir formellement l’initiative de suspension portée par la Tchéquie et la Slovaquie, l’Allemagne partage certaines préoccupations, dans un contexte où États membres, fournisseurs et industries, appellent à assouplir ou retarder la mise en œuvre.
- La France s’oppose à une réouverture du règlement, tandis que la Commission et plusieurs pays pro-transition défendent son maintien pour réduire les émissions.
Si la loi européenne reste inchangée, cette flexibilité permettrait cependant aux acteurs pétroliers d’éviter des amendes pouvant atteindre 20% du chiffre d’affaires. Bien entendu au prix d’affaiblir un peu plus les objectifs climatiques de l’UE.