Le dossier EPPO totalise près de 3 000 pages et vise 13 députés de Nouvelle Démocratie — le parti au pouvoir — ainsi que des élus locaux et d’anciens dirigeants d’OPEKEPE. Des écoutes téléphoniques publiées par les médias grecs semblent montrer des personnalités politiques tentant de manipuler les procédures d’attribution des subventions explique Courthouse News Service
- La réponse du gouvernement grec ne tarde pas. La réforme du Code de procédure pénale du 19 mai 2026 confie les enquêtes visant des députés pour crimes graves à un juge d’instruction spécial — marginalisant de facto les procureurs européens.
- Le 22 mai, L. Kövesi saisit la Commission européenne en invoquant le règlement Conditionnalité (UE) 2020/2092 :
- la modification précipitée du code de procédure pénale nuit à la capacité de l’EPPO d’enquêter effectivement en Grèce ;
- le refus du Conseil supérieur de la magistrature hellénique de reconnaître le renouvellement de mandat de trois procureurs délégués européens pour cinq ans porte atteinte à son indépendance.
- Ces développements soulèvent, selon l’EPPO, «de sérieux doutes» quant au respect par la Grèce de son obligation de coopération sincère au titre de l’article 4(3) TUE relate Agence Europeeuropa.
- Le scandale OPEKEPE n’est pas une anomalie : en 2024 déjà, après la catastrophe ferroviaire de Tempi (57 morts), L. Kövesi avait dénoncé les protections constitutionnelles grecques bloquant les poursuites contre les ministres.
- Le Parlement avait finalement conclu qu’aucun d’eux ne portait de responsabilité pénale.
- Le pattern se répète, avec un degré de sophistication législative supplémentaire.
- La vraie question n’est plus de savoir si en Grèce persiste une fraude sur les fonds européens.
- C’est de savoir si l’Union a la volonté politique de faire respecter ses mécanismes de contrôle face à un État membre qui les neutralise par voie législative.
- Le règlement Conditionnalité qui avait tant aidé en Hongrie (ES 13/4/26) est ici mis à l’épreuve.