DOULEUR ET GLOIRE 

Un dogme est en train de tomber, celui d’une “politique industrielle européenne”. Avec la publication de l’Industrial Accelerator Act (IAA) le 4 mars dernier, la Commission européenne a commencé à formaliser plus clairement les grands axes de ce à quoi pourrait ressembler une politique industrielle à l’échelle du continent. Jusqu’ici, c’était surtout à travers les politiques de décarbonation et de durabilité que se manifestaient les rares éléments d’une politique commune en matière industrielle – mais toujours soumise à l’impératif de respect de la concurrence. 

  • En rupture avec des décennies de prudence en la matière, alors que le mot évoquait plutôt les économies planifiées ou le centralisme jacobin à la française, anathème pour les autres Etats membres, ce changement n’est pas passé inaperçu. 
  • les critères de contenu carbone et d’origine européenne dans certains marchés publics afin de soutenir les filières bas carbone (acier, aluminium, ciment)  
  • et le conditionnement de certains investissements étrangers 
  • démontrent que l’UE assume ainsi davantage une logique de souveraineté économique inspirée des politiques américaine et chinoise. 
  • Selon la Commission, cet IAA vise à renforcer la compétitivité industrielle et la résilience stratégique de l’Union face aux pressions mondiales.  
  • Le texte fixe une ambition forte :  
  • porter la part de l’industrie manufacturière à 20% du PIB de l’UE d’ici 2035, contre 14,3% en 2024.  
  • Il cible surtout les industries intensives en énergie, les technologies ‘net zéro’ et l’automobile.  
  • L’IAA propose plusieurs leviers :  
  • préférences aux “Made in EU” et bas carbone dans les marchés publics et les aides, renforcement du contrôle des investissements directs étrangers,  
  • création d’Industrial Acceleration Areas et simplification des procédures d’autorisation pour les projets industriels.  
  • Au Parlement européen, le dossier est encore en phase préparatoire.  
  • L’IAA s’inscrit ainsi dans la stratégie européenne de réindustrialisation et de décarbonation. 
  • Il cherche à accélérer les projets productifs tout en sécurisant les chaînes de valeur.