“Pourquoi un tel forcing?” se demande Audrey Vuettaz dans son podcast Trait d’Union. Il aura fallu 20 ans de négociation pour voir l’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay) conclure un accord d’association le 28 juin 2019. La réduction des droits de douane entre les deux espaces commerciaux supranationaux que permet cet accord est présenté comme étant préjudiciable aux agriculteurs européens. Les mobilisations d’ampleur d’agriculteurs ne cessent de croître, révélant l’ampleur du malaise, et pourtant, rien ne semble faire infléchir la trajectoire européenne.
- A peine l’accord signé en janvier 2026 (ES 2.2.26), il est soumis à une évaluation auprès de la Cour de justice de l’UE (ES 2.2.26).
- En mars, la Commission européenne notifie aux pays du Mercosur la mise en place de l’instrument d’application provisoire de l’accord intérimaire à compter du 1er mai 2026.
- Plus précisément, entre l’UE et tous les Etats membres du Mercosur ayant ratifié l’accord– seule la Bolivie manque à l’heure actuelle.
- Un passage en force qui “piétine le Parlement et toutes les voix qui se sont exprimées contre cet accord (…) avec ce “choix de la date du 1er mai, journée internationale des travailleur·euses, d’un cynisme sans nom” , selon les termes de la Confédération paysanne.
- L’accord est pourtant favorable à certaines filières agricoles – et pas uniquement aux berlines allemandes -.
- Le Comité européen des entreprises vinsqualifie d’étape historique l’entrée en application provisoire pour le vin européen .
- Il s’agit de « l’un des plus importants accords commerciaux jamais conclus par l’Union européenne, ouvrant de nouvelles opportunités attendues de longue date pour les exportateurs de vin de l’UE dans toute la région du Mercosur. ».
- La filière fromagère – particulièrement française comme celle du vin – en sortirait gagnante.
- Ce qui pousse la presse suisse à souligner que “le climat passe après le fromage.
- Si elles s’en réjouissent, ce ne sont pas les défenseurs des intérêts du vin et du fromage qui poussent ainsi à garantir un accord avec le Mercosur, mais les Espagnols en particulier.
- Certains n’hésitent pas à comparer la signature du traité CECA de 1951 avec le traité UE Mercosur.
- En effet, il crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de sept cents millions de consommateurs, et représente environ 22 % du PIB mondial.
- L’Union européenne étant le plus grand bloc commercial au monde en matière de biens et de services (16 % du commerce mondial) ; elle est le premier partenaire commercial d’une partie importante de l’Amérique latine et des Caraïbes.
- Il constitue une garantie contre les contrefaçons, explique l’Institut El Cano.
- Evidemment, le partage de la langue et des systèmes constitutionnels en plus des liens culturels et étudiants.
- L’Espagne est montée au créneau mais elle a pu compter sur le soutien du Portugal qui partage les mêmes caractéristiques avec le Brésil.