A deux mois de la mise en œuvre effective du Pacte sur les migrations et l’asile, promettant une politique migratoire durable pour l’Union, les perspectives d’une lutte contre l’immigration illégale et de conditions d’accueil d’urgence des migrants efficaces apparaissent toujours aussi nébuleuses. En ce qui concerne les régularisations de ces migrants et l’organisation de leur retour en cas de non-obtention d’un titre de séjour en Europe, les choses ne semblent pas beaucoup plus claires.
- Ce vendredi 5 avril 2026, entre autres horreurs, est marqué par le naufrage d’une embarcation de migrants en Méditerranée, enregistrant le funeste bilan de 2 morts et plus de 70 personnes portées disparues.
- Depuis le début de l’année, 683 migrants sont morts ou ont été portés disparus en Méditerranée explique France 24.
- Si de nouveaux outils permettant de suivre les activités financières numériques et illicites et un régime de sanctions est envisagé par l’Union, cette dernière semble bien démunie face à ce fléau du trafic d’êtres humains.
- Le sauvetage en haute reste une manoeuvre risquée.
- Ne pas intervenir expose à une multiplication des morts en mer ou échoués sur les plages.
- Intervenir reste la moins mauvaise solution alors que rien ne semble arrêter les candidats au départ, ni ceux qui en font un business.
- Fuyant combats et conditions de vie insupportables, ces candidats au rêve européen ont tous le droit de déposer une demande d’asile, prévue par la Convention de Genève.
- Tous les Etats de l’UE ont ratifié la Convention de Genève mais chaque Etat membre européen permet de conditions de dépôt très différentes.
- C’est la différence entre un Etat géographiquement en position d’accueil d’urgence et un autre qui peut se permettre d’être mieux organisé.
- Les possibilités de s’intégrer et de travailler (langue connue et taux de chômage) expliquent pourquoi les candidats ne se ruent pas vers la Hongrie et préfèrent l’Espagne ou la France comme destination finale.
- Donc ce que l’on appelle la pression migratoire concerne les Etats en situation d’accueil d’urgence (les Etats méditerranéens en particulier).
- Les candidats à l’immigration n’ayant pu obtenir de régularisation sont alors qualifiés de sans-papiers et sont légalement supposés être raccompagnés dans leur pays d’origine réputé sûr.
- Ce dernier point est souvent sujet à débat mais ces derniers jours l’urgence, pour le Parlement européen, semblait être de montrer que “tout est sous contrôle” dans la capacité européenne de renvoyer les sans-papiers.
- On reste dans cette logique du danger partout, solution nulle part.
- C’est là que l’Espagne fait exception. Le 27 janvier 2026, le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a annoncé l’ouverture d’une procédure de régularisation « exceptionnelle » .
- « Voici pourquoi l’Occident a besoin de migrants », explique le Premier ministre espagnol, dans une tribune au New York Times .
- L’explication est limpide : le pays compte des centaines de milliers de travailleurs sans papiers devenus « essentiels à la vie quotidienne de chacun » il lui semble illogique de « les traquer et de les expulser par des opérations illégales et cruelles ».
- « L’Occident a besoin de population. » et face aux « dirigeants proches du mouvement MAGA » qui jugent la mesure « suicidaire », Pedro Sanchez lance un avertissement : « Ne vous laissez pas berner. L’Espagne est en plein essor. »
- A partir de ce mois d’avril, les travailleurs sans papiers pourront déposer une demande de régularisation, qui selon la FUNCAS , concernerait près de 840.000 personnes.
- Le Premier ministre espagnol est devenu la tête d’affiche du contre-mouvement MAGA mais il n’est pas le seul à être arrivé à cette conclusion de politique migratoire réaliste.
- Lorsque Giorgia Meloni était dans l’opposition, elle promettait d’instaurer un « blocus naval » en Méditerranés, mais elle est connue maintenant comme la cheffe de gouvernement qui aura permis l’entrée du plus grand nombre de travailleurs étrangers en Italie.
- Celle-ci a bien autorisé près de 500.000 nouvelles entrées entre 2026 et 2028 auxquelles s’ajoutent les 450.000 permis de travail délivrés ces deux dernières années.