Quel est l’état réel de la Russie en guerre ? L’excellente émission de France-Culture Affaires étrangères revenait, le 14 février 2026, en détail sur la situation pour dresser un bilan de la Russie et de sa guerre. Les experts y ont ainsi rappelé comment le Kremlin avait adapté sa stratégie, militarisé l’économie et les institutions et géré pour les contourner les sanctions et pressions internationales. La question se pose donc sur les capacités de la Russie à poursuivre une guerre prolongée, l’impact continu des sanctions sur son économie, le rôle des services de renseignement et la désinformation à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
- Selon the Guardian, l’économie russe stagne “enfin”, et menacerait sa stabilité à court terme – se “dévorant elle-même” d’après certains experts.
- Elle est même contrainte de recruter des mercenaires ou des volontaires de “pays frères” comme la Corée du Nord.
- Ce qui inquiète certains pays africains, alarmés de voir leurs ressortissants impliqués sur le front et découvrir comment ils sont traités.
- Un rapport du Centre for Research on Energy and Clean Air estime que, malgré les sanctions occidentales, la Russie exporte aujourd’hui plus de pétrole brut qu’avant l’invasion, car elle a redirigé ses ventes vers des marchés comme la Chine, l’Inde et la Turquie.
- Cependant, ses revenus pétroliers auraient quand même diminué, en raison de réductions de prix nécessaires pour écouler ses volumes.
- L’Express fait état d’une autre étude qui démontrerait la capacité russe à soutenir encore longtemps l’effort de guerre engagé, malgré les sanctions.
- Moscou a mis une grande partie de son économie sur un pied de guerre (ce qui n’est pas encore une “économie de guerre”) avec une industrie d’armement tournant à plein régime pour maintenir les stocks de munitions et d’équipements, et des ressources financières encore mobilisables.
- La Russie pourrait ainsi soutenir une guerre prolongée, notamment grâce à une production interne d’armes et à des stratégies d’adaptation face aux pressions occidentales.
- Comme le souligne Foreign Policy, Vladimir Poutine a même réussi à convaincre certains acteurs internationaux – notamment l’ancien président américain Donald Trump – que la Russie est en position de force en Ukraine, malgré l’échec de Moscou à atteindre ses objectifs militaires.
- La stratégie de la Russie repose sur une narration faussée :
- présenter l’armée russe comme inarrêtable et l’effondrement ukrainien comme imminent, ce qui influence certains discours politiques occidentaux et les pousse à envisager des concessions territoriales à Moscou.
- Ce que certains nomment le “dilemme de Zelensky”: envisager une concession territoriale sur le Donbass afin de faire avancer un plan de paix amène Washington :
- À convaincre Kiev d’accepter un retrait de ses troupes et la création d’une zone démilitarisée dans cette région, potentiellement supervisée par une force internationale.
- Le président ukrainien refuse toutefois de céder légalement ou moralement du territoire sans un processus démocratique (référendum ou élections) et face à l’opposition d’une majorité d’Ukrainiens et de responsables politiques.
- La question du statut du Donbass demeure un point clé et source de tensions dans les négociations visant à mettre fin à la guerre.