L’intelligence artificielle joue un rôle central dans cette nouvelle phase de compétition industrielle. Le rapport du Haut-Commissariat la présente comme une technologie transversale qui renforce l’ensemble des activités industrielles.
- La Chine a intégré l’IA au cœur de sa stratégie, avec un fort soutien public, une coordination étroite entre l’État et les entreprises, et un accès massif aux données.
- Cette combinaison accélère l’automatisation, optimise les processus de production, améliore la qualité et réduit les coûts, creusant l’écart avec l’Europe.
- L’IA agit comme un « multiplicateur » de puissance industrielle, amplifiant les effets des économies d’échelle et des surcapacités, et permettant à la Chine de concurrencer l’Europe non seulement sur les coûts, mais aussi sur la technologie et l’innovation.
- Cette dynamique est illustrée par la ville de Hangzhou, où des start-up comme DeepSeek et Unitree, soutenues par des investisseurs locaux et les géants technologiques, développent des produits innovants allant des objets connectés aux robots autonomes.
- Les entreprises locales financent les jeunes pousses et facilitent l’accès à la production, tandis que la municipalité soutient l’IA par l’éducation, la formation et un fonds de 100 milliards de yuans.
- Hangzhou devient ainsi un exemple concret de l’essor chinois en IA et de sa capacité à redéfinir les règles industrielles.
- Face à cette stratégie globale et de long terme, les instruments actuels de défense commerciale de l’Union européenne restent insuffisants.
- La préférence européenne peut soutenir certains secteurs stratégiques, mais ne constitue pas une réponse systémique. Le Haut-Commissariat estime qu’un choix stratégique s’impose :
- poursuivre une approche graduelle au risque d’une désindustrialisation accélérée, ou changer de paradigme.
- Deux leviers majeurs sont évoqués : instaurer un niveau de protection équivalent à un droit de douane général d’environ 30% vis-à-vis de la Chine, ou provoquer une dépréciation significative de l’euro par rapport au renminbi.
- Ainsi, la concurrence chinoise n’est plus un simple enjeu sectoriel, mais une question centrale de souveraineté économique, industrielle et technologique pour l’Europe.
Sans inflexion stratégique rapide, l’Union européenne s’exposerait à un décrochage industriel durable, avec des conséquences majeures sur l’emploi, la cohésion territoriale et sa capacité à rester une puissance économique et technologique de premier plan.