LAPIERRE 

Si l’UE peine à trouver les voies de son indépendance énergétique, c’est encore plus problématique en matière de souveraineté industrielle, comme le rappelle le FT. Il faut dire qu’on ne va pas contre plus de 30 ans de politiques européennes privilégiant des chaines de valeur mondialisées, et de politiques commerciales de libéralisation, telles qu’illustrées par les traités du Mercosur (ES 2/2/26) ou avec l’Inde – vestiges de la “mondialisation heureuse” (ES 2/2/26 bis). 

 

  • Bien que les États européens aient exclu toute remise en service, des acteurs de la diplomatie informelle — gouvernements, grandes entreprises, lobbies et services de renseignement — continuent de s’activer pour exploiter le dossier, mêlant intérêts économiques, stratégies géopolitiques et profits privés.  
  • Cette diplomatie parallèle illustre comment les affaires et les intérêts stratégiques influencent aujourd’hui les grandes décisions énergétiques mondiales.  

 

  • Surtout, il se heurte aux conceptions allemandes en la matière. Comme l’explique sa ministre de l’économie, Katherina Reiche, Berlin rejette les vastes clauses « Buy European » proposées au niveau européen, jugeant qu’elles risquent de mener à une fermeture du marché.  
  • Elle plaide pour l’ouverture, moins de bureaucratie et pas un protectionnisme strict.  
  • L’Allemagne préfère que la préférence européenne dans les financements publics soit un « made with Europe » ouvert aux partenaires commerciaux avec lesquels l’UE a des accords de libre-échange ou des pays « like-minded », plutôt qu’un strict « made in Europe ».  
  • Cette préférence devrait être limitée dans le temps et réservée à secteurs stratégiques seulement. Cela pourrait selon Berlin à concilier compétitivité, ouverture et coopération internationale.  

Il va falloir faire comprendre à une grande partie des élites économiques européennes que “la mondialisation heureuse” est une période révolue.