Comment répondre à la menace d’Anschluss sur le Groenland par les Etats-Unis ? Les Européens cherchent la réplique. Une réponse forte et claire de la part des pays européens, notamment au vu de la demande (repoussée par ses généraux) de Trump à son état-major d’établir des plans concrets d’intervention militaire, et même de la sollicitation auprès du Royaume-Uni de l’épauler militairement sur une telle opération. Plusieurs propositions de réponses peuvent être apportées.
- La première, et qui est déjà en train d’être mise en œuvre, est une coopération militaire européenne (au sens large, avec le Royaume-Uni) au Groenland, avec une présence de forces actives sur le territoire.
- Cette décision poursuit trois objectifs principaux :
- durcir le ton vis-à-vis des Etats-Unis, en montrant que les Européens prennent au sérieux ses menaces et sont prêts à défendre la souveraineté territoriale de l’UE ;
- aggraver le coût politique, notamment interne, pour les Etats-Unis d’une telle attaque et opération, l’opinion américaine, de la population, mais aussi du milieu militaire, serait bien moins favorable à une annexion du Groenland si cela impliquait de tuer des militaires européens alliés (déjà qu’elle n’y est pas favorable) ;
- entraîner les forces européennes à travailler en coopération, améliorer l’interopérabilité des forces armées de pays divers, en situation réelle.
- Malgré l’insignifiance numérique du dispositif militaire déployé (une quinzaine de soldats français des chasseurs alpins, ou encore un simple officier britannique), il faut noter qu’il n’est pour l’instant question que de troupes « d’éclaireurs ».
- L’objectif est d’établir la viabilité d’un déploiement plus important, et de finaliser certains détails permettant ce déploiement comme le souligne L’Express.
- Dans tous les cas, l’un des objectifs susmentionnés est rempli :
- le coût politique d’une annexion militaire par les Etats-Unis a déjà été multiplié – en témoigne les réactions ce weekend du président américain qui menace de nouveaux tarifs douaniers le Danemark et ses soutiens.