Est-ce le moment d’une pax europaea ? A force de railler l’impuissance européenne, cette réaction suggère une inflexion et une prise au sérieux de la crise transatlantique – dans laquelle on notera la discrétion des autorités européennes, confinées aux aspects commerciaux. Le moment de l’Europe de la défense revient.
- S’inscrivant dans cette tendance, et reprenant une proposition évoquée conjointement par Emmanuel Macron, Jean-Claude Juncker et Angela Merkel il y a quelques années :
- le commissaire européen pour la défense Andrius Kubilius, considère qu’il faut une force européenne commune de défense,
- de l’ordre de 100 000 hommes,
- dirigé par une sorte de conseil de sécurité européen, avec quelques sièges permanents, d’autres tournants (dont la présidence du conseil de l’UE), et des représentants de la Commission.
- Cela paraît essentiel, déjà pour affirmer la souveraineté européenne sur son propre territoire, et donc protéger son intégrité.
- De plus, une telle force permettrait d’améliorer la dissuasion et le rapport de force avec la Russie (ES 12/1/26).
- Dans cette même veine, une préférence européenne pourra être imposée pour les achats d’armes de l’Ukraine financés par les 90 milliards européens.
- Néanmoins, cela est déjà source de tensions entre la France et l’Allemagne, cette dernière ne voulant pas une exclusivité totale, qui favoriserait le complexe militaro-industriel français.
- Sans déjà une unité sur un tel sujet, comment envisager alors une armée commune ?
- L’enjeu est que l’Allemagne arrive à couper ses dépendances idéologiques transatlantiques ou énergétiques avec la Russie, cela marquerait une étape importante dans la bonne direction.