Même si le slogan MAGA est emprunté à Reagan, le président Trump admire plus particulièrement deux de ses prédécesseurs: McKinley (1897-1901), protectionniste et expansionniste, et surtout James Polk (1845-1849), impérialiste et expansionniste. L’appétit pour le Groenland doit être envisagé sous cet angle.
- En 2019, il avait exprimé son intérêt pour l’achat du Groenland, une information initialement révélée par le Wall Street Journal le 15 août 2019 et confirmée par le président lui-même.
- L’intérêt stratégique est évident : l’Arctique est sans conteste la trajectoire la plus courte entre l’Amérique du Nord d’une part, et la Russie et la Chine d’autre part.
- À l’enjeu tactique s’ajoute celui de la navigation maritime, facilitée par la fonte accélérée des glaces dans la région.
- Sans oublier les minéraux précieux: 43 des 50 minéraux critiques selon l’évaluation de l’administration US.
- Si le recours à la force pure semble improbable, il n’en demeure pas moins que Donald Trump dispose d’une véritable latitude quant à l’utilisation de l’arme économique, qui est, elle bel et bien chargée.
- Par ailleurs, le base militaire américaine de Pituffik, essentielle pour la surveillance arctique, renforce cette présence stratégique.
- Pour les stratèges américains, la zone à surveiller et sécuriser ne se limite pas au nord du continent, mais englobe toute la partie nord de l’Atlantique, du Groenland à la Norvège en passant par l’Islande et les îles britanniques.
- Membre de l’OTAN mais non de l’UE, la Norvège a toujours joué un rôle clé dans la sécurité de l’Arctique – en particulier autour de l’archipel de Svalbard. Mais la politique de Trump inquiète Oslo.
- Les services de renseignement norvégiens redoutent que les États-Unis partagent avec la Russie certaines informations sensibles, dans le but de diviser l’alliance russo-chinoise.
- Ce scénario, jugé plausible, pourrait fragiliser la sécurité de la Norvège, qui repose sur un échange d’informations étroit avec Washington.