Cette affaire d’espionnage, aux accents parfois de mauvais roman, montre surtout l’emprise de Moscou sur deux Etats membres de l’UE, signalant que Poutine a sa chaise à la table du Conseil.
- Les discussions russo-hongroises faisaient office d’état des lieux pour la Russie de l’avancée des négociations internes à l’Union européenne, et notamment sur les sanctions applicables envers la Russie, consécutive à sa guerre d’agression contre l’Ukraine.
- P. Szijjarto aurait même demandé des instructions et des arguments pour les négociations sur les sanctions, afin de faire avancer les pions russes.
- V. Orbán et R. Fico, le Premier ministre slovaque, auraient aussi utilisé leur pouvoir au sein de l’UE pour retarder ou conditionner le renouvellement des sanctions, illustrant leur proximité persistante avec la Russie et les divisions européennes face à la guerre en Ukraine.
- Entre autres, un des enregistrements téléphoniques divulgués révèle que la Hongrie et la Slovaquie ont tenté d’aider des oligarques russes à échapper aux sanctions européennes.
- Le ministre hongrois Péter Szijjártó y promet de coordonner avec Bratislava pour obtenir leur retrait des listes.
- L’enquête montre l’influence directe de Moscou, notamment de Sergueï Lavrov, sur ces démarches.
- Les enregistrements montrent clairement que la Hongrie a négocié, sous les ordres de la Russie, pour alléger les sanctions, et notamment celles visant des proches des oligarques.
- La personne visée a bien été retirée de la liste des personnes sous sanctions quelques mois plus tard, avec l’aide notamment de la Slovaquie, selon le média polonais TVP.
- Ce qui était supposé est maintenant confirmé, la Hongrie va bien à l’encontre des intérêts européens.
- L’Union européenne, même si elle a commencé à le faire en limitant les flux de documents confidentiels vers la Hongrie ou en travaillant en groupes restreints, doit en prendre acte, et si les élections législatives du 12 avril confirment la position de Viktor Orban, des sanctions doivent être prises envers ce cheval de Troie.
- Il en va de la cohérence de la position diplomatique européenne, mais surtout de son efficacité et de son intégrité.
- Au vu de la recomposition actuelle du monde, et du retour net de la conflictualité, l’UE ne peut se permettre d’entretenir un membre qui la trahit.