Derrière les incohérences stratégiques (ES 30/3/26) et l’imprévisibilité communicationnelle, il y a pourtant des constantes chez Donald Trump : le mépris pour les partenaires et surtout, le rejet de l’OTAN. Cette méfiance remonte loin, puisque les enquêtes montraient déjà des prises de position sur ce sujet à son retour de Russie à la fin des années 1980. Aussi, ses récentes menaces d’un retrait des États-Unis de l’OTAN dans un contexte de fortes tensions avec les alliés européens, accusés de ne pas soutenir l’intervention américaine contre l’Iran, notamment dans le détroit d’Ormuz s’inscrivent dans une logique éprouvée.
- Le président américain multiplie les critiques virulentes, qualifiant l’Alliance de « tigre de papier ».
- Une séquence est décrite par les observateurs comme la plus grave crise de l’OTAN car elle fragilise profondément le principe de défense collective (article 5) et la confiance transatlantique.
- Un retrait resterait toutefois complexe, en raison d’obstacles juridiques et militaires, mais la pression américaine accentue les divisions et interroge l’avenir de l’Alliance, alors qu’il se retrouve embourbé dans une guerre en Iran sans l’accord du Congrès et avec un Etat-major purgé idéologiquement et socialement.
- Outre le choc pétrolier (ES 30/3/26) cette guerre – qu’il refuse de qualifier, lui préférant une dénomination très poutinienne d’opération spéciale “Epic Fury”, une ironie soulignée par le show satirique “puppet regime” – entamée pour satisfaire son allié israélien a eu comme conséquence que les réserves d’armes américaines, particulièrement les intercepteurs du système Patriot, ont fondu comme neige au soleil.
- Fidèle à l’“America First”, la Maison Blanche et le Pentagone envisagent donc très sérieusement de rediriger les envois d’aides militaires à l’Ukraine –et ils étaient déjà minces– vers leurs propres besoins : le Moyen-Orient.
- Cette nouvelle salve d’invectives intervient à un moment où l’Europe et les autres membres de l’OTAN n’ont jamais autant dépensé, avec 1412 milliards de dollars en 2025.
- De quoi rendre Mark Rutte heureux. Le secrétaire général de l’OTAN s’est révélé plus trumpiste que son pedigrée européen ne l’aurait laissé prévoir ; et une obsession des budgets alloués à la défense ne fait pas exception à cette tendance.