Dans ce contexte de guerre régionale à portée mondiale, l’UE a renforcé et diversifié sa mission Aspides dans la région, déployée en mer Rouge depuis deux ans pour escorter les navires marchands ciblés par les rebelles Houthis –financés par et alliés du régime iranien.
- Initié par la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, l’élargissement de la mission vise à permettre aux navires de continuer à emprunter le détroit d’Ormuz.
- Une mission à l’origine défensive qui, comme l’attitude européenne dernièrement, adopte une posture plus assertive.
- Aspides est le pan européen d’une coalition de trente pays, menée par la France et le Royaume-Uni, proposée en mars pour sécuriser le passage dans le détroit, au grand soulagement de pays africains souffrant déjà de la hausse des prix du carburant.
- Là où les Etats-Unis continuent de s’attirer les foudres mondiales, l’Europe cherche à s’imposer comme le partenaire fiable et mesuré.
- On est encore loin de l’alliance des puissances moyenne souhaitée par le Premier ministre canadien à Davos en début d’année.
- Il rappelait que dans un ordre international dominé non par les règles mais par la rivalité des grandes puissances, les puissances moyennes devaient abandonner leurs illusions et s’unir pour défendre leurs intérêts, faute de quoi elles subiraient ces rapports de force.
- Selon la presse canadienne, le discours de Mark Carney à Davos avait été perçu en Europe comme lucide et rassurant, en appelant ces États à coopérer pour préserver un ordre international fondé sur des règles.
- L’urgence pour l’Europe serait de s’inscrire dans cette dynamique afin d’éviter marginalisation et dépendance.
- Le Grand Continent explore d’ailleurs les formes possibles d’une telle alliance dans un ordre mondial fragmenté.
- Il envisage une coopération flexible, fondée sur des coalitions thématiques et variables plutôt qu’un bloc unique.
- Cette alliance viserait à résister aux pressions des grandes puissances, mais sa cohérence reste incertaine, faute d’intérêts et de valeurs clairement partagés.
- Cependant dans une analyse critique, Médiapart estime que la proposition de Mark Carney d’unir les « puissances moyennes » face aux grandes puissances, dans un ordre international en crise est séduisante mais surtout reste floue :
- les critères d’alliance, les objectifs communs et les moyens d’action sont mal définis.
- Surtout, elle se heurte à des contradictions, notamment dans les relations avec la Chine ou les pratiques diplomatiques réelles.
- Plus largement, la réflexion souligne que cette initiative se heurte aux causes économiques profondes des tensions globales, liées aux limites planétaires.
- La multiplication de coalitions ad hoc apparaîtrait ainsi davantage comme un symptôme d’un système international instable que comme une véritable alternative structurée.
La question de savoir si l’Europe pourra être une puissance qui compte dans la suite de ce siècle reste ouverte.