Les spéculations sur la faiblesse stratégique de l’attaque américaine sont légion. D.Trump aurait été surpris par l’intensification et l’extension de la guerre contre l’Iran, notamment par la fermeture du détroit d’Ormuz et les frappes régionales, révélant des contradictions dans sa stratégie et des difficultés à justifier le conflit auprès des alliés et du public américain.
- Cherche-t-il une sortie négociée cachée, s’interroge Pierre Haski dans sa chronique du 24 mars ? Les divisions émergentes aux Etats Unis quant à la légitimité de cette guerre, causent par exemple les premières défections, mais entrainent cependant une pression accrue de l’administration Trump pour une mobilisation des alliés.
- Ce qui est sûr, c’est que ceux-ci, malgré leur hostilité au président américain, craignent les conséquences de cette guerre subie.
- Ses répercussions économiques et sociales se font déjà sentir.
- Elle alourdit la facture énergétique, provoque une flambée des prix du gaz et du pétrole et menace la sécurité du détroit d’Ormuz.
- Les dirigeants de l’UE redoutent aussi des flux migratoires accrus et discutent d’un encadrement international pour sécuriser les voies maritimes, tout en refusant de s’engager militairement tant que le conflit persiste. Cette situation met en lumière l’impact direct des tensions extérieures sur l’inflation, la migration et la sécurité en Europe.
- Le tout, au point de céder aux demandes américaines : dans une déclaration conjointe les dirigeants allemand, français, italien, néerlandais, britannique et japonais, parmi 22 chefs d’Etat et de gouvernements, se sont dit prêts “à contribuer aux efforts nécessaires pour garantir la sécurité du passage dans le détroit” mais « lorsque les armes se seront tues”.
- En effet, il semble compliqué pour l’UE d’apporter une réponse unifiée au vu des capacités militaires inégales de chacun des Etats membres.
- Si la France, qui déplore un mort par une attaque iranienne au drone, a envoyé le Charles-de-Gaulle et huit frégates en Méditerranée et dans golfe Arabo-Persique ;
- il s’avère que l’Allemagne et l’Italie ont peu de chose à offrir – sinon un soutien moral, à la fois éthiquement et politiquement discutable sur la relativisation du droit international:
- le chancelier allemand F.Merz a ainsi déclaré que la guerre contre l’Iran rend le monde « plus dur », acceptant la réalité d’un conflit prolongé et incertain et la nécessité pour l’Europe de s’y adapter, tout en soulignant la responsabilité du régime iranien dans l’escalade et l’importance de gérer les conséquences économiques et sécuritaires.
- Pas besoin de chercher très loin l’inspiration du discours de Ursula von der Leyen aux ambassadeurs de l’UE qui semblait elle-aussi remettre en cause l’un des fondements et des valeurs cardinales de l’UE : la défense du droit international et l’acceptation des changements de régime par la force…