Les Etats Unis de D. Trump et des barons de la Tech, plutôt que des opérations classiques de manipulation de vote privilégient les ingérences indirectes via les financements, les écosystèmes médiatiques, les plateformes et les relais partisans.
- En France, le soutien à la campagne de la candidate zemmouriste à la mairie de Paris, Sarah Knafo, en fait la candidate trumpiste autoproclamée.
- Son parti “Reconquête !” a noué des liens avec Trump dès 2022 via Randy Yaloz (Republicans Overseas) et S. Knafo a été invitée à l’investiture de Trump en janvier 2025.
- Mais Le Grand Continent questionne aussi la forte visibilité sur X des contenus de la candidate “Reconquête!” à la mairie de Paris, et s’interroge sur le rôle possible d’Elon Musk en sa faveur.
- Selon une étude du site Arago, ses vidéos ont généré environ 17,5 millions de vues, bien davantage que celles de ses concurrents malgré un nombre d’abonnés comparable.
- Cette exposition pourrait correspondre à l’équivalent d’environ 44000 € de publicité gratuite, alors que la publicité politique est interdite en période électorale.
- L’article examine l’hypothèse d’un effet d’amplification algorithmique sur X, volontaire ou non, et souligne les questions démocratiques posées par l’influence potentielle d’une plateforme privée sur une campagne électorale nationale.
- Il y a aussi la Hongrie, où l’on vote le 12 avril prochain pour le renouvellement du parlement.
- Le ministre des affaires étrangères US Marco Rubio n’a pas hésité à venir sur place pour afficher son soutien au premier ministre Viktor Orban, en difficulté pour la première fois depuis son retour au pouvoir de 2010.
- Avec une économie hongroise affaiblie par une forte inflation et un choc sur le pouvoir d’achat, la gestion clientéliste du pouvoir par le Fidesz est remise en cause.
- Pour la première fois aussi, Orban fait face à un opposant crédible, Péter Magyar (Tisza), issu de ses propres rangs, mais entré en opposition après le scandale qui a mené à la démission de son ex-femme Judit Varga, accusée de complaisance envers un ancien criminel pédophile.
- Profitant de l’indignation publique, il mobilise des soutiens et prépare la création d’un nouveau mouvement politique, dénonçant la corruption, la concentration du pouvoir et l’influence d’oligarques dans la politique hongroise.
- Sa forte visibilité médiatique et sur les réseaux sociaux en fait un danger pour le Fidesz, qui concentre le mécontentement autour de la corruption, du « système mafia » et du gel des fonds européens.
- Certes, V. Orbán conserve un appareil médiatique et institutionnel largement capturé, mais les sondages sont serrés et l’usure du pouvoir complique sa promesse de stabilité et de « sécurité » face à l’Ukraine et à Bruxelles.
- Cependant, comme le note RFI, dans son propre fief, Péter Magyar n’hésite pas à mener campagne en dénonçant la corruption et le fonctionnement du système politique hongrois.
- Il promet de rétablir l’État de droit et de normaliser les relations avec l’Union européenne.
- Sa popularité témoigne d’un mécontentement croissant envers le gouvernement d’Orbán.
- Une analyse du think tank EPC prévient que le gouvernement de Viktor Orbán pourrait recourir à des manipulations électorales, désinformation ou état d’urgence pour rester au pouvoir.
- Elle appelle l’Union européenne à fixer une « ligne rouge » claire : toute atteinte au processus démocratique devrait entraîner des sanctions immédiates, y compris l’activation complète de l’article 7.
De Paris à Budapest, en passant par Ljubljana ou Sofia, la démocratie européenne doit désormais lutter sur deux fronts contre une tenaille trumpo-poutinienne.