Pékin ne se limite plus à concurrencer l’Europe sur des segments à faible valeur ajoutée : la pression s’exerce désormais sur les spécialisations industrielles européennes clés, notamment dans l’automobile, les machines-outils, les batteries, la chimie et les équipements industriels.
- Cette dynamique, accélérée depuis la crise du Covid, combine des investissements massifs, des surcapacités, une intégration poussée des chaînes de valeur, des économies d’échelle et un soutien public, avec un différentiel de coûts estimé entre 30% et 40% pour une qualité comparable.
- Devenue premier producteur manufacturier mondial, la Chine enregistre des excédents commerciaux records et redessine la géographie industrielle mondiale.
- Environ un quart des exportations européennes sont désormais exposées à une concurrence chinoise jugée critique, proportion qui atteint près d’un tiers pour l’Allemagne et un quart pour la France.
- Sur le marché intérieur européen, jusqu’à 55% de la production manufacturière pourrait être menacée à moyen terme si les tendances actuelles se poursuivent, avec des niveaux particulièrement élevés en Allemagne et en Italie.
- Comme le souligne le site Connaissance des Energies, dans l’industrie verte, c’est encore pire : la Chine domine massivement l’UE avec 80-90% des panneaux solaires, batteries Li-ion et transformation des terres rares et l’UE est dépendante à 98% pour ces inputs critiques.
- Pékin subventionne ses surcapacités, exporte à bas prix (dumping présumé), capturant marchés mondiaux tandis que l’Europe mise sur les régulations (ETS, CBAM) sans relocaliser assez vite.
- Résultat : -20% de production photovoltaïque pour l’UE en 2025, les usines ferment et les efforts européens (Clean Industrial Deal, gigafactories) patinent face à coûts énergétiques élevés et lenteurs administratives.
- Le risque de perte souveraineté bas-carbone sans protectionnisme est réel.
- L’étude du Haut-Commissariat montre que la concurrence chinoise cible désormais directement les avantages comparatifs européens.
- Dans l’automobile ou les batteries, la progression chinoise a été rapide et récente ; dans les machines-outils, elle suit une dynamique plus ancienne mais toujours ascendante.
- Le précédent du photovoltaïque est cité comme avertissement : une industrie européenne compétitive peut être marginalisée en quelques années face à des surcapacités chinoises soutenues par l’État.