Pour la première fois depuis 1945, les États-Unis, la Chine et la Russie s’accordent sur une conception autoritaire de la souveraineté qui repose sur la force brute plutôt que sur le droit international, alors que l’histoire montre que diviser le monde en blocs rivaux est plus susceptible d’engendrer des conflits que d’assurer la stabilité explique Zaki Laïdi dans une tribune. Dans ce contexte, la place de l’Europe sur la scène géopolitique prend tout son sens car elle symbolise un partenaire de choix pour tous ceux qui refusent cette logique de blocs. Le principal problème qui se pose actuellement, est que plusieurs exécutifs européens promeuvent cette logique de blocs, en se montrant favorables ou conciliants avec chacun, de gré ou “de force”.
- Les liens entre les gouvernements slovaque et hongrois avec le Kremlin ne sont plus à prouver.
- Les 27 s’étaient mis d’accord en décembre 2025 sur une aide cruciale à Kiev, qui doit continuer de financer son effort de guerre mais le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, en campagne pour sa réélection, refuse de lever son blocage.
- Budapest conditionne le versement de ce prêt à la reprise des livraisons de pétrole russe par un oléoduc qui traverse l’Ukraine Droujba endommagé par des frappes russes et la Hongrie accuse l’Ukraine de traîner des pieds pour le remettre en service.
- Démonstration indiscutable que ce gouvernement veut favoriser la Russie et décrédibiliser UE et Ukraine.
- Sa campagne électorale en témoigne, son ennemi est “Bruxelles”, son ami est D. Trump et son fournisseur d’hydrocarbures est Gazprom.
- Nombre de citoyens européens ne semblent pas alignés avec cette prise de position, alternant rapprochement idéologique avec D. Trump et “confort” des hydrocarbures russe.
- La démonstration dans les rues de Prague, ce 21 mars, dénonçant « les hommes politiques extrémistes qui prennent notre pays en otage », accuse le gouvernement nationaliste du milliardaire Andrej Babis de « minimiser » les menaces représentées par la Russie.
- Le Premier ministre bulgare par intérim, Andrey Gyurov, déclare à Euronews que la participation au Conseil de la paix crée par D. Trump ne reflète aucun consensus national et ne relève que d’une “action individuelle d’un oligarque (…) cette décision ne découlait pas de considérations internationales, mais de motivations personnelles.”
- L’opposition de plus en plus marquée des électeurs européens est d’autant plus notable que les cas d’ingérence étrangère se multiplient.
- A quelques jours des élections législatives, le premier ministre slovène, Robert Golob, déclare avoir été victime d’une « opération d’ingérence étrangère », orchestrée par la société israélienne de renseignement privée Black Cube, dans le but de favoriser son opposant de droite pro-israélien et proche de D. Trump, Janez Jansa.
- En Hongrie, un média indépendant dénonce que le Kremlin a mobilisé une équipe d’agents afin d’influencer le scrutin du 12 avril à la faveur de V. Orbán, à la peine dans les sondages.
L’ampleur est telle que Paris annonce avoir demandé à la Commission européenne des lignes directrices pour que les États membres puissent imposer des obligations aux plateformes numériques dans le cadre de la législation de régulation européenne DSA.