BILL OF FIGHTS

 A une extrémité du spectre, les États-Unis, caractérisés par « une liberté d’expression maximaliste et une réglementation préalable minimale », à l’autre, l’Union européenne, caractérisée par « une liberté réglementée, mettant fortement l’accent sur la dignité, la non-discrimination et l’équité démocratique » : c’est un fossé culturel et idéologique dont Trump et les MAGA ne sont que l’illustration.  

  • Largement considérée comme essentielle dans le monde :  
  • 61 % des sondés jugent très important que les médias puissent informer sans censure,  
  • 59 % que les individus puissent s’exprimer librement  
  • et 55 % que l’internet soit libre.  
  • L’étude met aussi en évidence un écart important entre l’importance accordée à ces libertés et la perception de leur application réelle.  
  • En outre, personnes interrogées aux États-Unis ont le sentiment de jouir d’une plus grande liberté effective. 
  • Par exemple, 54 % d’entre elles estiment qu’Internet est « totalement libre », contre des moyennes plus faibles ailleurs. 
  • On relève des clivages partisans aux États-Unis, mais des opinions globalement maximalistes qui contrastent avec l’accent mis par l’Europe sur la réglementation des préjugés tels que les discours de haine. 
  • Le rapport “The Foreign Censorship Threat, Part II” de février 2026, publié par la commission judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis, affirme ainsi – sans rire – que la Commission européenne mènerait depuis plus d’une décennie une campagne visant à influencer la modération des contenus sur les grandes plateformes numériques.  
  • Leur interprétation des règles contre la désinformation, adoptées par l’UE, considère qu’il s’agit de pressions répétées sur les entreprises technologiques pour qu’elles renforcent leurs règles contre la « désinformation » et les discours jugés haineux.  
  • Le rapport soutient que ces exigences, notamment liées au Digital Services Act (ES 10/9/23) ont conduit les plateformes à modifier leurs politiques globales, restreignant ainsi certains contenus politiques et informations diffusés par des utilisateurs américains aux États-Unis. 
  • Selon Bloomberg, ces tensions entre les États-Unis et l’Union européenne sur la régulation du numérique devraient encore s’intensifier.  
  • Washington estime que les règles européennes pénalisent ses entreprises technologiques et restreignent la liberté d’expression.  
  • L’administration américaine a déjà pris des mesures symboliques, comme des interdictions de visas visant des acteurs européens impliqués dans la régulation du discours en ligne (ES 12/1/26), ouvrant un nouveau front diplomatique.  
  • De son côté, l’UE défend ses lois comme nécessaires pour contrôler les grandes plateformes et protéger les utilisateurs, malgré les risques d’escalade commerciale et politique transatlantique.  

L’enjeu en est ni plus ni moins que la résistance à l’américanisation de l’Europe.