BEI GING 

Depuis le début des années 1990 et la conférence de Rio, la politique énergétique européenne s’est structurée autour d’un objectif central : la lutte contre le réchauffement climatique à travers la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, à mesure que les effets du réchauffement deviennent tangibles (sécheresses, inondations, tempêtes ou vagues de chaleur), l’adaptation s’impose comme une priorité, comme le détaille cette étude de janvier 2026 de la Banque des territoires. Autrement dit, la capacité des économies, des territoires et des infrastructures à fonctionner dans un climat déjà transformé.  

 

  • La question de la politique climatique est donc aussi économique et sociale, car les événements extrêmes pèsent désormais directement sur les finances publiques, l’activité productive et la qualité de vie des populations.  
  • Les chiffres donnent la mesure du phénomène.  
  • Les inondations représentent à elles seules 47 % de ces pertes, suivies des tempêtes (27 %) et des vagues de chaleur (près de 18 %).  
  • Il est également intéressant de noter qu’une petite minorité d’événements concentre l’essentiel des dégâts.  
  • 5 % des catastrophes climatiques ont généré 59 % des pertes économiques, tandis que 1 % des événements en a provoqué 37 %, illustrant la puissance destructrice des épisodes extrêmes. 
  • Cette dynamique s’est encore accélérée ces dernières années.  
  • Plus d’un quart des pertes totales, soit environ 208 milliards d’euros, a été enregistré entre 2021 et 2024. 
  • C’est le signe que les risques climatiques s’intensifient plus vite que les politiques d’adaptation ne progressent.  
  • Dans ce contexte, les institutions européennes cherchent à renforcer les investissements destinés à améliorer la résilience des territoires et des infrastructures. 
  • La Banque européenne d’investissement (BEI), bras financier de l’Union européenne, entend jouer un rôle central dans cette stratégie.  
  • A l’automne dernier, l’institution a annoncé le doublement de ses financements consacrés à l’adaptation climatique, qui atteindront 30 milliards d’euros entre 2026 et 2030.  
  • Ils cibleront en priorité trois secteurs stratégiques :  
  • l’agriculture, fortement exposée aux aléas climatiques ; la gestion de l’eau, devenue cruciale pour les populations et l’industrie ; et les entreprises et collectivités, qui doivent adapter leurs infrastructures et leurs activités. 

 

  • L’objectif de réduction de la vulnérabilité des économies européennes se conjugue avec celui de renforcement de la compétitivité.  
  • La BEI a ainsi annoncé avoir investi 100 milliards d’euros en 2025 (un record), destinés notamment à soutenir la transition énergétique, la sécurité de l’approvisionnement et l’innovation technologique en Europe.  
  • Dans ce cadre, l’adaptation au changement climatique est évoquée à travers des investissements visant à renforcer la résilience des économies et des infrastructures face à ses impacts.  
  • Adapter les infrastructures, l’agriculture ou l’aménagement du territoire implique des investissements lourds, souvent invisibles politiquement. 
  • En effet, ils consistent à prévenir des risques futurs plutôt qu’à produire des bénéfices immédiats.  
  • Pourtant, à mesure que les pertes économiques liées au climat s’accumulent, une évidence s’impose :  
  • la prospérité européenne dépendra autant de sa capacité à réduire ses émissions que de sa faculté à adapter ses économies, sa société et ses infrastructures à un monde déjà plus chaud et bien plus périlleux, en témoigne les inondations de ce début d’année.