NON MERZI 

Le Chancelier allemand est un peu difficile à suivre, coutumier des annonces fracassantes plus ou moins suivies d’effets. Mais petit à petit, il dessine une nouvelle politique étrangère pour l’Allemagne, qui interroge de plus en plus sur la volonté de Berlin d’assumer seul le leadership en Europe – quitte à affaiblir l’unité de l’UE.  

 

  • Berlin soutient l’usage de la majorité qualifiée, même contre l’avis de partenaires comme la France, pour accélérer des dossiers clés comme l’accord UE‑Mercosur ou l’aide à l’Ukraine.  
  • Paris plaide pour une Europe puissance, assumant protectionnisme, préférence européenne et nouvel emprunt commun pour financer défense, transition et industrie, quitte à bousculer les orthodoxies budgétaires et commerciales.  
  • Berlin, confronté à la stagnation économique, défend une approche centrée sur la compétitivité, le libre‑échange (Mercosur) et la discipline budgétaire, et se méfie des réflexes protectionnistes français.  
  • Les désaccords sur l’Ukraine (troupes, garanties de sécurité), la politique commerciale et énergétique nourrissent un climat de méfiance qui fragilise la capacité du couple franco‑allemand à entraîner les Vingt‑Sept, alimentant l’idée d’une Europe fragmentée entre visions rivales de la souveraineté et du marché. 

 

  • Ceci remet en cause la possibilité d’une unité européenne – à l’heure où plus que jamais l’UE doit faire montre de cette unité.