Face aux massacres en Iran, “une action de l’Union européenne est indispensable”, alertait un collectif d’intellectuels, d’artistes, d’avocats et de citoyens : un collectif d’intellectuels appelait l’Union européenne à agir maintenant face à la répression sanglante en Iran. Selon eux, l’UE possède des leviers diplomatiques et juridiques compatibles avec les droits humains et peut renforcer sa place dans le cœur des Iraniens, l’avenir régional et la reconstruction du pays.
- La question est récurrente à chaque nouvelle crise dans le monde et son cortège d’horreurs : que peut faire l’Europe ?
- En l’occurrence, quand un gouvernement tourne les armes contre sa propre population, que peuvent et doivent faire les démocraties et les régimes fondés sur les droits de l’Homme et une certaine idée des libertés fondamentales ?
- Ecartelés entre l’idéalisme interventionniste qui a pu la mener sur les mêmes chemins tortueux que les néoconservateurs américains et le réalisme de la défense des intérêts avant celle des valeurs, l’UE et ses Etats membres peinent à trouver une voix commune.
- La politique de sanction de la Russie fait d’ailleurs exception à ce sujet.
- Depuis le 28 décembre 2025, le plus important mouvement de contestation depuis la révolution de 1979 contre le Shah a débuté en Iran, dans le grand bazar de Téhéran.
- Ce vaste mouvement de contestation a été réprimé dans le sang et dans l’obscurité (l’accès à Internet a très rapidement été coupé par les autorités iraniennes).
- Ce massacre porte un nom, celui des Pasdarans, les gardiens de la révolution.
- Peu d’images et d’informations ont filtré de cette répression, mais le peu que l’on a pu obtenir, souvent grâce aux terminaux Starlink, montre des images d’une violence inouïe.
- Certaines estimations, relativement conservatrices, par des ONG font état de 20 000 à 30 000 morts.
- Comme le rappelle Médiapart, la population “risque sa vie à recenser les massacres”.
- Que peut faire l’UE en Iran? Elle a pris quelques sanctions, le 29 janvier, pour violations des droits humains.
- Elles comprennent gels d’avoirs, interdictions de voyager et restrictions économiques, financières et commerciales (énergie, transport, technologies), ciblant individus et entités responsables de répression, prolifération et soutien aux conflits.
- Mais surtout, elle a inscrit les gardiens de la révolutions sur la liste des organisations terroristes.
- L’inscription des Pasdaran sur la liste des organisations terroristes n’aura pas été une décision immédiate, ni évidente, même si on aurait pu penser le contraire.
- En effet, quelques pays européens, et notamment la France, l’Italie, ou l’Espagne, ne souhaitaient pas, aux débuts, une telle inscription des Pasdarans comme organisation terroriste car ils craignaient de réduire à néant tout canal diplomatique avec l’Iran, et ne plus avoir de contact ou de levier lors des négociations sur le nucléaire iranien.
- Néanmoins, une fronde de pays, menée par l’Allemagne et par les institutions européennes (via des déclarations de Kaja Kallas pour la Commission et de Roberta Metsola, présidente du Parlement) a convaincu l’Italie et l’Espagne.
- La France esseulée, et face à la réalité du terrain et des massacres iraniens, a finalement décidé de soutenir le peuple iranien, dans leur courage face à la répression.