ANVERS ET CONTRE TOUS 

Le contraste est sévère, et n’a pas échappé aux principaux concernés. Dans un post Linkedin, la responsable du European Environmental Bureau, un think tank spécialisé sur les politiques écologiques de l’UE, alerte sur une Europe à double standard, dont les pratiques affaiblissent la démocratie, remplacent la transparence par l’influence des puissants et érodent les principes fondateurs de l’UE. Tandis que les votes au Parlement européen attaquent la société civile et les ONG et leur contestent les fonds publics – un vieux cheval de bataille de la droite européenne (ES 3/2/25) – Commissaires et chefs de gouvernement se pressent aux sommets des représentants de l’industrie. 

  • Juste avant les élections de 2024, les représentants de l’industrie lourde européenne (chimie, automobile, etc.) s’étaient réunis à Anvers pour le « Sommet européen de l’industrie ». 
  • Il avait débouché sur une déclaration visant à remplacer le Green Deal par un “Industrial deal”.  
  • L’objectif, à peine dissimulé, était de peser sur les ambitions européennes en matière de réglementation environnementale, et notamment sur les normes et règlements initiés par le Green Deal.  
  • Forts d’une majorité politique obtenue en juin 2024 (ES 23/6/24), ces velléités déconstructrices ont largement contribué à l’émergence et à la légitimation du paquet législatif Omnibus (ES 20/1/25).  

 

  • Depuis, le sommet d’Anvers est devenu un point de rencontre des industriels et des représentants politiques européens ; l’édition 2026 ne dérogeant pas à la règle, dans un contexte où la dérégulation fait florès. 
  • « Le sommet d’Anvers de cette année célèbre la nouvelle relation symbiotique entre Bruxelles et les grandes entreprises », a affirmé Vicky Cann, militante au sein de l’observatoire Corporate Europe Observatory, qui surveille les activités des groupes de pression.