C’est le site Connaissance des Energies qui l’analyse: en 2025, l’Union européenne a atteint un « point de bascule » dans sa transition énergétique : pour la première fois, l’électricité produite par l’éolien et le solaire (30,1 % du total) a dépassé celle issue des combustibles fossiles (29 %), selon le think tank Ember dans rapport European Electricity Review 2026. Ce changement reflète la croissance rapide des renouvelables, surtout du solaire, tandis que la production hydroélectrique a diminué et que le gaz a légèrement augmenté. Le nucléaire reste la principale source à 23,4 %. Cette évolution marque une avancée majeure vers un système électrique bas carbone, bien que des défis subsistent pour la flexibilité, les réseaux et l’électrification de la demande.
- D’où l’urgence d’accélérer sur les interconnexions des réseaux.
- D’après le think tank ECFR, moderniser et étendre les réseaux électriques de l’UE est crucial pour sa compétitivité, sa sécurité énergétique et sa transition climatique, car l’infrastructure actuelle est vieillissante et ne peut pas intégrer l’explosion de la demande ni des renouvelables.
- Le blackout ibérique a montré les limites des réseaux actuels, qui freinent les investissements industriels et la création d’emplois.
- Le paquet Grids de la Commission doit donc renforcer la résilience, l’interconnexion transfrontalière, la planification coordonnée, l’accélération des permis, et la fiabilité des réseaux, tout en soutenant les chaînes d’approvisionnement européennes et en réduisant les goulets d’étranglement qui freinent l’économie et la transition énergétique.
- Côté Etats membres, on notera les enjeux spécifiques à la France, point de passage entre péninsule ibérique (gros producteur d’hydrogène et d’électricité renouvelable) et l’Europe germanique et centrale (gros consommateur de ces dernières).
- Justement, la France, premier exportateur d’électricité européen, s’inquiète pour sa “souveraineté énergétique”, estimant que le paquet européen centralise trop la planification des réseaux, réduisant le rôle et l’autonomie des gestionnaires nationaux et locaux (TSO et DSO).
- Les autorités françaises craignent que les procédures harmonisées d’autorisation n’accélèrent pas réellement les projets, compte tenu des contraintes administratives locales.
- Les mécanismes de répartition des coûts transfrontaliers suscitent des réserves, certains investissements pouvant bénéficier davantage à d’autres pays.
- Enfin, les acteurs français soulignent que la simplification réglementaire ne doit pas compromettre la sécurité et la fiabilité du réseau, et que les solutions “one-size-fits-all” risquent de ne pas s’adapter aux spécificités nationales.
- Côté espagnol, le débat est fortement influencé par le black‑out massif d’avril 2025 (ES 9/6/25 et 7/7/25), vu comme un signal d’alarme sur les faiblesses des infrastructures et la nécessité d’un réseau plus résilient et mieux interconnecté avec l’Europe, notamment vers la France.
- Certains groupes industriels et autorités espagnoles demandent des incitations d’investissement plus élevées.
- Elles réclament des réformes réglementaires pour attirer les capitaux nécessaires à l’expansion du réseau, soulignant que les mécanismes actuels freinent l’intégration des renouvelables et la transition énergétique.
- Enfin, côté allemand l’accent est mis sur la nécessité d’investissements massifs pour moderniser le réseau et intégrer les renouvelables.
- Au Benelux, on s’inquiète de cette charge financière ainsi que du besoin de coordination transfrontalière et pour l’accélération des investissements pour gérer l’intégration des renouvelables.