Le Sommet de l’agence spatiale européenne (ESA), à Brême en novembre 2025, avait rebattu les cartes du secteur spatial européen, et manifesté l’enjeu sécuritaire qu’il représente pour la défense européenne : dotée de 8,26 milliards d’euros –une hausse significative, l’agence consacrera comme à son habitude près d’un tiers de son budget à l’observation de la Terre.
- L’objectif sécuritaire prend cependant le pas sur les enjeux climatiques pour l’obtention d’images en haute résolution de notre planète.
- Ariane 6 et Vega-C, les lanceurs respectifs des deux constructeurs historiques européens, Ariane Groupe et Avio, contribueront largement à la construction de l’autonomie stratégique européenne.
- En plaçant des satellites de renseignements en orbite, pour l’observation et les communications, l’Europe retrouve une indépendance cruciale des fusées commerciales américaines, notamment de la Falcon 9 de Space X, l’entreprise d’Elon Musk.
- Les deux vétérans européens Ariane et Avio, suivis d’une myriade de start-ups du new space, contribueront également à l’objectif accru de lancements européens de l’ESA pour 2026.
- Honteusement à la traîne derrière les Etats-Unis (pour lesquels Space X compte 170 des 181 lancements) et la Chine (92 lancements en 2025 là où l’Europe n’en a réalisé que 8), il ne s’agit pas de gonfler le nombre de fusées ayant décollé, mais bien de placer des charges utiles (satellites, sondes, observatoire…) en orbite terrestre.
- Cet afflux de financements pour le secteur spatial, motivé par les investissements de la défense, est symptomatique des besoins accrus de systèmes européens en orbite basse.
- Il permettra également de consolider les chaînes de R&D européennes et de créer des emplois dans ce secteur où les exigences techniques ne permettent pas ou peu de délocalisation des productions.