Le cycle de l’eau inclut l’eau bleue (les rivières, les lacs et les nappes phréatiques) mais aussi désormais l’eau verte : les précipitations, l’évaporation et l’humidité du sol. Et cette eau verte est cruciale pour l’équilibre de la planète. Or, les chercheurs du Stockholm Resilience Center estiment dans un article de 2022 que cet équilibre a été “considérablement transgressé”. Une nouvelle limite physique dépassée dont les conséquences menacent aussi bien la santé publique mondiale que la sécurité alimentaire.
- Instituée en 1993 par l’ONU, la Journée mondiale de l’eau, célébrée chaque 22 mars, vise à sensibiliser aux dérèglements du cycle de l’eau.
- L’édition de 2025 s’est concentrée sur l’urgence de la lutte contre la fonte des glaces.
- Mais, la question de l’eau est aussi celle des pollutions persistantes et de tensions sur les ressources :
- la contamination de l’eau, notamment par les substances chimiques et les fameux polluants éternels, les PFAS (EIH 27/1/25).
- Ces chiffres traduisent une dégradation inquiétante, malgré des décennies de tentatives de régulations.
- La pollution chimique — qu’elle soit d’origine agricole (nitrates, pesticides) ou industrielle (métaux lourds, microplastiques, rejets médicamenteux) — reste la principale cause de cette détérioration.
- Le changement climatique, avec ses sécheresses, inondations et bouleversements hydrologiques, ne fait qu’aggraver cette pression sur la ressource eau.
- Parmi les substances les plus préoccupantes figurent les PFAS utilisées pour leurs propriétés antiadhésives et imperméables dans une multitude de produits courants.
- Pratiquement indestructibles, ces composés s’accumulent dans l’environnement et sont liés à de graves effets sanitaires :
- cancers, infertilité, perturbations hormonales.
- Malgré leur dangerosité, seuls quelques PFAS sont actuellement interdits à l’échelle européenne.
- Début 2023, cinq pays européens (Allemagne, Suède, Danemark, Pays-Bas, Norvège) ont proposé une restriction complète des PFAS.
- Elle est actuellement en cours d’examen par l’ECHA (Agence européenne d’évaluation des produits chimiques).
- En novembre 2024, l’Echa et ces 5 pays analysent encore les plus de 5600 commentaires scientifiques reçus lors de la consultation publique afin d’examiner, entre autres, les solutions de substitution possibles en cas de mise en œuvre d’une interdiction totale des PFAS (EIH 1/5/23).
- En France, la situation est tout aussi alarmante.
- En mars 2025, la régie Eau de Paris a déposé plainte contre X après avoir détecté un PFAS non réglementé (le TFA) dans son réseau.
- L’Assemblée nationale a, par ailleurs, voté une loi ambitieuse visant à interdire progressivement les PFAS dans les cosmétiques, les textiles et certains emballages dès 2026.
- Elle prévoit aussi une redevance de 100 € pour chaque 100 g rejetés dans l’eau.