PERDRE LE NORD 

Comme le souligne cette analyse du Grand Continent, les intérêts européens sont directement en jeu dans les luttes d’influence autour du Groenland. L’Arctique constitue espace d’une intense circulation maritime et aérienne, tant civile que militaire. Avec une difficulté pour l’Europe : les pays les plus directement concernés n’appartiennent pas à l’Union européenne – ou plus, depuis le Brexit. D’ailleurs c’est le pivot central du script de l’excellente série Netflix “the Diplomat”. 

  • Dans une analyse au fond, l’ancien sénateur André Gattolin, spécialiste des questions du grand nord fait le point sur les enjeux stratégiques pour l’UE.  
  • Face à une nouvelle donne où des menaces coercitives s’intensifient, l’UE doit repenser ses feuilles de route stratégiques dans le  Nord.  
  • En effet, elles restent, pour le moment, floues et déconnectées des enjeux géopolitiques, sans réflexion approfondie en ce qui concerne le Groenland. 
  • L’Islande, seule nation de l’OTAN sans armée, est sous protection américaine depuis 1951.  
  • Or, le désengagement progressif des États-Unis sous Trump pourrait l’amener à réévaluer sa position.  
  • Ce retour dans l’orbite européenne aurait des implications stratégiques majeures, tant pour l’UE que pour les États-Unis. 
  • Mais aujourd’hui, les impératifs de sécurité pourraient prendre le dessus.  
  • Le NB8 (Nordic-Baltic 8), groupement régional informel réunissant les cinq pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède) et les trois États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), est ainsi devenu un acteur clé de la géopolitique européenne.  
  • Initialement centré sur la coopération économique, démocratique et l’intégration des États baltes à l’UE et à l’OTAN après la guerre froide, il a progressivement renforcé son rôle stratégique.  
  • Face à la menace russe, particulièrement après 2014 et 2022, le NB8 s’est transformé en un bloc de coopération sécuritaire et militaire.  
  • La proximité géographique et les expériences historiques des pays nordiques et baltes avec l’expansionnisme russe ont façonné leur perception de la sécurité et leur engagement dans la défense régionale.