Structurellement en retard et peinant à se désaligner des Etats-Unis, les chefs d’Etats européens et de l’Union européenne se sont réunis en Sommet d’urgence à Bruxelles, jeudi 6 mars 2025. Des réunions ressemblant plus à un vote de budget qu’à une marche à suivre pour dérégler la chaîne de production industrielle de la Russie, renforcer les capacités européennes en matière de guerre hybride, et dépoussiérer l’industrie de la défense sur le continent.
- Réfléchissant sur les besoins de la défense européenne en l’absence des Etats Unis, l’institut Bruegel a esquissé un scénario catastrophe, d’une Europe seule face à la Russie.
- Selon les estimations, l’Europe devrait fournir environ 300 000 troupes pour compenser aussi le retrait américain.
- Ces troupes auraient besoin de 1 400 chars, de 2 000 véhicules de combat d’infanterie, à mi-chemin entre une voiture blindée et un char, et de 700 pièces d’artillerie.
- Ils auraient également besoin de 1 million d’obus de 155 mm de taille standard pendant les trois premiers mois d’une guerre hypothétique, ainsi que de 2 000 munitions d’entrainement par an.
- L’Europe n’est pas en capacité de fournir cet effort aujourd’hui.
- Quant au coût, le rapport l’estime entre 125 et 250 milliards d’euros par an.
- De l’argent qui ne se trouve pas dans quelques coupes budgétaires plus ou moins mal inspirées.
- A Bruxelles, la désunion européenne perdure, malgré l’urgence et l’évidence de la situation.
- Volodymyr Zelensky a accueilli chaleureusement l’annonce de fonds européens pour le réarmement du continent, qui doit sérieusement prendre en main sa propre sécurité sans compter sur les Etats-Unis.
- Mais les annonces très mises en scène d’un plan de 800 milliards d’euros pour se faire sur proposition de la Commission européenne sonnent creuses quand on regarde le détail.
- Premièrement, investir ne permettra pas des résultats immédiats ; car il permet surtout de combler les retards et incertitudes qui affaiblissent structurellement l’Europe depuis 2022.
- Deuxièmement, comme l’analyse Nicolas Gros-Verheyde, la somme est surtout un écran de fumée, entre autres car les engagements de l’UE et de ses Etats se limitent pour l’instant à un assouplissement des règles fiscales d’endettement.