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Au sommet des fonds marins, les débats scientifiques sont “pollués” par les intérêts politiques note Le Monde. Le 30e sommet de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), qui s’est ouvert à Kingston le 17 mars2025, cristallise les tensions internationales autour d’une industrie émergente : l’exploitation minière des grands fonds marins. Promue par certains comme un levier stratégique pour la transition énergétique, cette activité soulève de profondes inquiétudes écologiques et géopolitiques. 

 

  • À l’origine de l’intérêt : les nodules polymétalliques, formations rocheuses riches en nickel, cobalt, cuivre et manganèse, essentiels à la fabrication de batteries et autres technologies dites « vertes ».  
  • L’exploitation reste à ce jour interdite, en l’absence d’un code minier international que l’AIFM peine à finaliser après plus de dix ans de négociations. 

 

  • Les dissensions sont vives. Face aux incertitudes des conséquences écologiques, les positions se fragmentent.  
  • Trente-deux États soutiennent un moratoire sur l’exploitation, exigeant davantage de recherches scientifiques avant tout démarrage industriel.  
  • Ainsi l’Union Européenne  « a indiqué en juin 2022 que l’exploitation minière en eaux profondes devrait être interdite jusqu’à ce que les connaissances scientifiques sur ses conséquences soient plus poussées ». 
  • La Chine, déjà détentrice de cinq licences d’exploration, s’impose comme un acteur structurant du débat.  
  • Elle renforce ainsi ses liens dans le Pacifique, notamment avec les îles Kiribati, en quête de partenariats après la rupture d’un accord avec The Metals Company. 
  • Sous pression de l’industrie, qui a investi plus de 2 milliards de dollars, l’AIFM est sommée d’agir.  
  • Plus sensible aux questions écologiques et d’inclusivité, elle contraste avec la gouvernance précédente jugée trop favorable à l’ouverture du secteur. 

Si la 30ème session annuelle de l’AIFM devait marquer la signature d’un code minier, l’ambassadeur Olivier Guyonvarch a rappelé que « Nous sommes encore loin du consensus pour parvenir à un code minier finalisé »