La nouvelle attitude des Etats-Unis envers leurs “alliés” européens change la donne et ne peut que ravir le Kremlin. De leurs côtés, dans le désordre les dirigeants européens se sont offusqués des propos remettant en cause le président ukrainien, démocratiquement élu et dont le Parlement a prolongé le mandat à plusieurs reprises en raison de l’état de guerre dans lequel le pays est plongé depuis maintenant trois ans. L’état de guerre rend les élections particulièrement compliquées et le risque de déstabilisation étrangère pèse lourd.
- Le premier ministre britannique Keir Starmer a rappelé cette situation certes regrettable mais logique pour défendre son homologue ukrainien.
- L’ancien résident de Downing Street et sympathisant de Trump, Boris Johnson, a lui aussi pris la défense de Volodymyr Zelensky dans ce maelstrom de désinformation.
- De même, le chancelier allemand Olaf Scholz a souligné à quel point remettre en question la légitimité de l’allié ukrainien jouait le jeu de la Russie.
- Le président ukrainien a riposté en dénonçant le fait que “Donald Trump est pris dans les filets de la désinformation”.
- Mais l’appétence de Donald Trump pour distordre la vérité n’est peut-être pas l’unique raison de cette tempête à l’égard de l’Ukraine : en effet, elle suit le refus de Zelensky d’accorder l’exploitation de la moitié des ressources naturelles ukrainiennes aux Américains, une exigence de Trump formulée sans garantie de sécurité en retour.
- Là où Donald Trump pense que les ressources ukrainiennes lui sont dues, Zelensky a refusé de céder aux pressions. Washington fait donc monter la pression.
- Quoi qu’il en soit, l’isolement géopolitique de Vladimir Poutine, dépendant d’un soutien chinois salutaire mais encombrant, est désormais terminé. Une situation dont le dictateur russe ne peut que ressortir gagnant, alors que les dirigeants européens sont encore loin d’un consensus qui semble inatteignable sur une union politique et sécuritaire. Une nécessité pourtant existentielle pour la survie du continent européen face à la menace russe et celle, peut-être, américaine.
- Le sommet de Paris a été un échec – et il existe désormais un risque sérieux d’échec stratégique total de la part de l’UE, dont le soutien à l’Ukraine n’a jamais été assorti d’une planification stratégique pour la paix.
- Il était tout à fait prévisible que la fin de la guerre en Ukraine mettrait la solidarité européenne à rude épreuve.
Plus que jamais cette guerre représente une menace existentielle pour le projet européen de paix et prospérité partagées.