Depuis le lendemain de l’élection américaine, chaque jour apporte sa bourrasque de vents contraires sur l’Atlantique. Malgré la brutalité du discours de la nouvelle administration – très bien illustrée par l’allocution du vice-Président américain J.D. Vance à la conférence pour la sécurité de Munich le jeudi 13 février 2025 – accusant les Européens de censure, et ignorant complètement le sujet de la menace existentielle à la sécurité européenne les Européens peinent à prendre complètement la mesure de la nouvelle donne géopolitique. Il fallait s’y attendre, et les optimismes prudents vont devoir se rendre à l’évidence : il n’y a plus de front uni derrière l’Ukraine dans sa résistance à l’invasion russe.
- Après 3 ans de guerre, la situation sur le terrain est inquiétante pour l’Ukraine qui recule depuis l’été dernier. Même si les gains russes sont stratégiquement modestes, ils sont symboliquement suffisamment importants pour entamer le moral de Kiev ; et surtout convaincre ses soutiens que la guerre ne peut plus avoir d’issue victorieuse – même si on trouve ça ou là, d’encourageantes analyses.
- Malheureusement, le 19 février 2025, le président Trump a initié un processus de désengagement américain. Il prend acte du refus ukrainien de sa “proposition de paix” en disant que l’Ukraine aurait pu se mettre à la table des négociations plus tôt et a insinué que les Ukrainiens étaient responsables de leur sort.
- L’escalade rhétorique, classique de D. Trump, a continué : le président américain a repris tous les éléments de la propagande russe depuis l’invasion de l’Ukraine, accusant entre autres Zelensky d’être un dictateur corrompu.
- Le 20 février 2025, D. Trump refuse de qualifier la Russie d’agresseur. Il remet en question la chronologie des faits et des responsabilités. Il ajoute vouloir réintégrer la Russie dans le G7.
- A la veille du 3e anniversaire du conflit de haute intensité, le 23 février 2025, prenant le contre-pied de ses détracteurs, V. Zelensky propose de renoncer à la présidence de l’Ukraine.
- Son raisonnement est aussi basique qu’une accusation musko-trumpienne. Si sa présence à la tête de l’Ukraine explique la prolongation des combats, son départ permettra donc à son pays d’obtenir enfin la paix.
- Toutefois, il pose des conditions qui ne devraient pas satisfaire la Russie. L’Ukraine doit être envisagée comme un partenaire des Etats-Unis.
- En conséquence, l’Ukraine doit devenir membre de l’OTAN. Ceci peut introduire un point de discorde entre le Kremlin et la Maison blanche.