La Roumanie traverse une crise politique et institutionnelle inédite. Après l’annulation de l’élection présidentielle de décembre 2024, marquée par des accusations d’ingérence russe (EIH 2.12.24), reproches et mésententes fusent. Sous les pressions à la fois de l’opposition et de la rue, le président Klaus Iohannis a annoncé sa démission le 20 février 2025, effective le 12 février. Cette figure du PPE, issu de la minorité allemande roumaine, laisse la présidence par intérim à Ilie Bolojan, président du Sénat. Une nouvelle élection est certes prévue pour mai 2025, mais la situation révèle des tensions internes et des défis pour la stabilité politique du pays et de l’Union, comme en témoigne le discours du vice-président américain Vance, à Munich.
- Son mandat avait été prolongé consécutivement à l’annulation de l’élection présidentielle de décembre 2024 par la Cour constitutionnelle.
- L’annulation a été confirmée par la justice roumaine, malgré les contestations du candidat pro-russe Călin Georgescu.
- La prolongation du mandat présidentiel ne repose alors sur aucune base constitutionnelle.
- Fragilisé politiquement, rien ne justifiait son maintien.
- K. Iohannis préfère alors invoquer la Constitution qui, elle, prévoit la possibilité d’un président intérimaire.
- La nouvelle élection présidentielle, programmée pour le 4 mai 2025, avec un second tour le 18 mai, devrait voir :
- La coalition au pouvoir, composée du Parti social-démocrate (PSD) et du Parti national libéral (PNL), soutient la candidature de Crin Antonescu.
- Cette coalition avait remporté les élections législatives de décembre 2024.
- Ilije Bolojan est le chef du PNL et il gouverne maintenant avec Marcel Ciolacu du PSD, candidat malheureux de la présidentielle de décembre.
- Face à la coalition, le candidat surprise Calin Georgescu soutenu par les partis d’extrême droite AUR (18%), SOS (8%) et le Parti de la jeunesse prorusse (7%).
- Le SOS dernier est connu pour son intégrisme orthodoxe.
- Calin Georgescu se positionne dans l’après-guerre en Ukraine pour revendiquer des territoires.
- A ce jour, Elena Lasconi – qui était pourtant candidate pro-européenne au second tour – ne s’est pas prononcée.
- Tout ceci n’est pas propre à la Roumanie et s’inscrit dans un vaste mouvement global de remise en cause de la démocratie libérale.
- Celles et ceux qui invoquent une gloire passée que leur peuple doit retrouver sans attendre.
- Cela implique leur supériorité et donc, par extension, le fait qu’il existe des sous-peuples ou des Etats qu’ils qualifient d’artificiels – comme l’Ukraine.
- Avec une version 2.0, le MEGA – scandé à Madrid – qui veut profiter su style Trump.
- Celles et ceux qui aspirent à un régime autoritaire supposément garantie d’un destin maitrisé et de sécurité.
- Nostalgiques du régime nazi ou de celui de Ceausescu s’affirment de plus en plus, à grands renforts de surreprésentation sur les réseaux sociaux.
- Ceux-là même que JD Vance prétend défendre au nom de “la liberté d’expression”.
- Celles et ceux – abstentionnistes ou primo-votants désabusés – qui se rallient aux deux premiers car les discours sont à la fois clairs et martelés.
- Loin de nous l’idée de leur reprocher un manque de culture politique : n’oublions jamais que de nombreux tabous pèsent encore sur ces citoyens.
- Leurs enfants, qui votent aujourd’hui, en pâtissent forcément.